Commentaire de Christian Labrune
sur Echo des manades. 2 La ferrade
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@Alinea
Apparemment, vous n’avez rien compris à la corrida. Ce supplice ne ressemble en rien à une punition, à un châtiment, c’est la simple mise à mort d’une créature qui ne demande rien à personne, qui n’a rien fait et qui ne commence à se montrer agressive que lorsqu’on a commencé à la torturer, lorsqu’elle comprend qu’elle est entrée dans un espace dont il est prévu d’avance qu’elle ne sortira pas vivante. C’est l’exhibition du sadisme pur : le plaisir de tuer ou de voir tuer, très caractéristique de la bête humaine dans ce qu’elle peut de plus abject.
On trouve ça aussi dans les révolutions : c’est le bourreau Sanson opérant sur son échafaud. Délicieux spectacle ! C’est ça que vous aimeriez revoir ? Dois-je imaginer à vous lire, que ça vous aurait plu, dans les journées d’août 93, de voir la racaille du faubourg Saint-Antoine trancher au couteau de boucher, sur une borne, le cou de la princesse de Lamballe ?
Ce que j’écrivais est horrible, j’ai poussé l’humour noir aussi loin que j’ai pu, mais cela me dégoûte autant que le monde pourri où nous croupissons. Deux siècles après celui des Lumières, les ténèbres de l’obscurantisme sont toujours aussi épaisses.
