Commentaire de voxagora
sur Paroles d'élèves en difficulté
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La situation réelle m’échappe complètement, mais je me saisis des mots que vous employez
pour en parler : « séance riche, émouvante (pour qui ?), j’espère utile, et angoissante. »
« Avant », on allait à l’école parce que « c’est comme ça » : les adultes savent, organisent la vie sociale, cadrent les comportements, et les enfants suivent. Au besoin ruent dans les brancards,
parce qu’il y a des brancards et des limites posées.
Aujourd’hui pour beaucoup tout est précaire matériellement, les limites sont floues moralement,
et la vie psychique manque de repères fermement posés par les adultes (même au sein de l’école, comment savoir si c’est vrai qu’il faille respecter les règles, quand « désobéir » flotte comme un idéal .. ravageur qd on connaît le pouvoir des mots ..)
Si ds ces conditions c’est à l’élève qu’on demande : « pourquoi êtes-vous là ? » (où exactement, d’ailleurs : en france ? à l’école ? sur l’estrade ?) ça ne peut que le plonger devant un vide vertigineux, avec comme seul élément palpable, tangible, le corps appelé à la rescousse (se gratter .). Alors parler ..
Votre empathie si repérable envers ces adolescents et leur histoire, votre désir de les aider à se situer (noms, âges et activité des membres de leur famille), à se repérer dans le monde, vous incite à prochainement leur appliquer ..... la question.
Ils vont se taire, ou se défiler, ou mentir pour vous faire plaisir ..
Excusez- moi de déborder quelque peu des échanges impersonnels habituels, mais dans cet article vous réduisez vous-même l’habituelle distance.
