Commentaire de Surya
sur Accélérations...
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Bonjour Rosemar,
Quasiment en accord avec vous à 100%, avec une minuscule réserve près : quoique préférant toujours me rendre dans le magasin, avoir un contact humain juste en face de moi, voir le produit avant de l’acheter, je ne considère pas le commerce sur internet comme une régression. Et puis, parfois, ça fait du bien de consulter un site marchand depuis chez soi, à tête reposée, sans être pris par le tumulte des très grandes surfaces avec leur bruit insupportable (musique, annonces dans les micros) et leurs incitations continuelles à la dépense. Je me rends compte que chaque fois que je me rends dans une grande surface, je suis plus tentée d’acheter immédiatement, sur un coup de tête, un produit dont certes je peux avoir besoin (une imprimante par exemple), mais pour lequel il aurait été mieux que je prenne le temps de comparer, lire les fiches techniques... Personnellement, j’ai de plus en plus recours aux achats sur internet pour ces raisons. Nous habitons la banlieue, et avons récemment décidé de faire nos courses alimentaires sur les sites internet des supermarchés : heureusement que ça existe car maintenant, finis les trajets en voiture jusqu’à la grande surface, l’essence dépensée à chaque fois... C’est pratique, rapide, plus économique, et cette façon de faire est la réponse à un véritable besoin.
De plus, je pense désormais que consommer sur internet peut rendre le consommateur plus responsable, moins « boulimique de la consommation », le faire devenir un « consomacteur » comme on dit de nos jours (même si le terme renvoie plus à une consommation éthique) et ce même si la facilité peut encourager à cliquer un peu trop, et trop vite, sur le bouton qui envoie les produits dans le « panier ».
C’est vrai que penser que mettre cinq minutes à déballer un caddie sur un tapis roulant est une perte de temps est symptômatique de cette accélération, de cette société dans laquelle nous vivons où désormais, nous devons faire en sorte que chaque minute soit rentable. Cela dit, faire la queue devant une caisse n’est pas très agréable, il faut bien le reconnaître.
Je ne pense pas non plus qu’acheter sur internet participe de l’accélération, je crois même que c’est le contraire :
La société de consommation est d’autant plus à réformer que cette consommation est une consommation irréfléchie, parfois même irresponsable. C’est une consommation impulsive, qui devient parfois quasi maladive. L’accélération, c’est aussi ne plus prendre le temps de réfléchir avant de faire un achat. Or, l’abondance de tests et comparatifs sur internet, auxquels on a accès en même temps que l’on regarde le produit sur le site marchand, permet, je pense, de mieux penser son achat, d’acheter plus intelligemment, de remettre à plus tard, même si ce n’est qu’un jour ou deux, son achat, car, justement, il y a cet autre site qui propose cet autre modèle, qu’on aimerait bien consulter avant de se décider.
En dehors de cela, je suis tellement d’accord avec vous et avec ce que vous dîtes dans cet article ! Je suis réfractaire à la société de consommation, j’achète uniquement quand j’ai vraiment besoin du truc, et si à la base j’aime bien Noël, je ne peux m’empêcher de déplorer que cette fête, qui devrait uniquement être un moment de rassemblement de la famille, des amis, pour le plaisir de se retrouver et, pour ceux qui le souhaitent, une fête religieuse, soit devenue un prétexte à inciter les gens à cracher leurs sous, excusez l’expression, tellement durement gagnés, et un prétexte à consommer, plaisir incompréhensible, qui devrait juste être une réponse à un véritable besoin.
Bientôt nous verrons les rayons des supermarchés et des grands magasins se remplir pour Noël dès le mois de septembre ! En plus, je n’ose pas imaginer la quantité de conservateurs dans les galettes des rois mises dès à présent sur le marché ! Mais c’est un autre problème.
Je crois que la consommation frénétique est juste une réaction compulsive à un mal être dans notre société ultra matérialiste. Je ne pense pas que le matérialisme réponde à un besoin de l’être humain. Cela ne nous rend pas heureux, c’est juste une belle illusion que l’on entretient savamment à l’approche des fêtes, à coup de publicités et de tapage.
