Commentaire de noodles
sur Accélérations...
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L’homme est un bipède qui a la notion du temps qui passe et de la brièveté de sa vie. C’est un drame à vivre à plus ou moins longue échéance pour chacun de nous.
Cette condition influe sur nos comportements, qu’ils émergent à notre conscience ou non.
De même qu’on ne peut programmer son destin, on ne peut faire surgir à volonté les événements que nous concevons comme notre bonheur.
Peu de gens souhaiteraient vivre en ermites et en ascètes ou même en ermites publics comme Diogène Laerce. La socialisation, l’esprit grégaire je veux dire, nous fait aller contre cela. Et ainsi naissent les jouets de la socialisation, de la rivalité entre individus qui a pour corollaire la jalousie, la « course à l’échalote ». La force de vente de la publicité fait jouer tous nos instincts, quels qu’ils soient, pourvu qu’ils fassent vendre. L’instinct de puissance fera vendre par exemple des produits alimentaires qui rendent fort, des autos qui suppléent nos faiblesses...etc.
L’art de créer des désirs est devenu prépondérant.
Reconnaissons que nous avons besoin de « soma »*. Le soma qui nous ferait vivre insouciants n’a pas été encore tout à fait inventé, mais on s’en approche. Je ne suis pas complotiste, mais tout y concourt sans qu’il y ait un plan arrêté : il faut que nous oubliions notre humaine condition. La consommation, la starisation, l’héroïsme tout court... nous feraient croire qu’il y a parmi nous des dieux...
On revient sur terre en déplorant une disparition ou une autre ( Jean-Luc Delarue !) qui nous rappelle qu’aucune richesse, aucun gadget, aucun objet de consommation ni bain de jouvence ne nous empêche d’être mortels...image fugace, dans ma tête, des oeuvres de Jérôme Bosch et sa préoccupation de l’humanité corrompue condamnée à l’enfer éternel.
Pourquoi culpabiliser ? « vivez si m’en croyez, n’attendez à demain » me paraît un bon principe. Ne pas nuire à autrui, même par sa consommation est devenu quasiment impossible.
« Tâche d’être heureux » vous dirai-je parodiant les adieux de la Rose au Petit Prince...
Cela va nous être difficile.
noodles
*« Le Soma, présent dans Le Meilleur des Mondes de Aldous Huxley (1932) n’a aucun des inconvénients des drogues que nous connaissons aujourd’hui. Il se consomme sous forme de comprimés distribués au travail en fin de journée. Cette substance est le secret de la cohésion de cette société : grâce à elle, chaque élément de la société est heureux et ne revendique rien. Les individus de toutes les castes se satisfont de leur statut par le double usage du conditionnement hypnopédique et du Soma ».
