Commentaire de Philippe VERGNES
sur Comprendre l'emprise : la relation « en-pire »
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Bonjour Volt,
Merci pour ces précisions !
Appréhender
un auteur selon le sens où je l’entends est toujours « délicat » pour
moi. Il faut dire que lorsque je commence, je ne m’arrête généralement
pas à ces quelques écrits. Ma principale préoccupation réside justement
dans le fait de ne pas mésinterpréter sa pensée ce qui alourdit et
complique considérablement la tâche. Ces « perversions » des écrits (ou
paroles) d’autrui sont s’y fréquentes (surtout en psychanalyse) que
j’évite de parler en lieu et place de quelqu’un dont j’appréhende mal le
fil directeur de son œuvre. Et puis, il existe tant d’auteurs
intéressants que l’on ne peut tous les étudier, mais la citation de
LACAN m’interpelle « profondément » dans le sens où je ne connais que trop
ce genre de paradoxe.
!!!
Sur mon point de départ, malheureusement, et comme dans la plupart de mes textes, je rédige un premier jet (qui dépasse largement le cadre des articles proposés à la modération), puis je reviens dessus en supprimant les paragraphes qui s’éloignent le plus du sujet afin de tenter de l’alléger un peu pour le rendre plus digeste. Dans cette opération (c’est même, je crois, un de mes défauts pouvant induire de la confusion) je supprime des passages qui font lien.
J’avais bien noté dans nos échanges précédents que vous aviez « parcouru la tanière de la bête en long et en large » et je prendrais connaissance de vos liens avec le plus grand intérêt. Lorsque j’ai rédigé mon précédent billet (cité en lien dans cet article qui y fait longuement référence), j’ai été surpris du manque d’étude, voir d’intérêt, que les psychanalystes ont porté aux paradoxes et aux peu d’écrits que l’on trouve sur le sujet. Si vous aviez des références autres celles que j’ai pu fournir (H. SEARLES, P.-C. RACAMIER, D. ANZIEU et R. ROUSSILLON), je serais preneur et vous en remercie d’avance.
Sur la question de mon « contournement », j’ajouterais qu’elle tient surtout du fait de chercher à comprendre comment sensibiliser des tierces personnes à cette problématique. C’est-à-dire comment impliquer les « spectateurs » qui ne se sentent absolument pas concernés lorsqu’ils sont les témoins de ce genre de « crime », car désormais tous les chercheurs qui maîtrise le sujet s’accordent à le reconnaître, c’est bien sur les « spectateurs » qu’ils faut agir pour faire évoluer une situation d’emprise (ou de harcèlement, etc.). Or, s’il y a consensus sur le moyen d’enrayer ce fléau, personne ne propose véritablement de méthode. La sensibilisation ne fonctionne que très peu et cela me fait penser aux expérimentations en psychologie sociale telles qu’initiées par Kurt LEWIN et les 3 % de « résultats » positifs qu’il était péniblement parvenu à atteindre selon une argumentation « traditionnelle ».
Bref, c’est un très très vaste sujet qui, comme j’ai déjà pu l’indiquer dans un de mes précédents articles en citant le rapport de la HAS sur la « Prise en charge de la psychopathie », se situe au carrefour su social, du politique, du juridique et du psychiatrique. C’est dire les différentes visions que l’on peut avoir sur la question. D’autant que dans ce texte où « il y a de tout » (en fait, une courte et déjà bien longue présentation de deux courants psychologiques - psychanalyse et systémique - qui ont étudié la relation d’emprise), j’ai du me contraindre à ne pas faire mention des concepts issus de la psychologie sociale qui enrichissent également nos connaissances sur ce thème.
Votre conclusion vise également juste, pour les raisons évoquées ci-dessus, j’ai également du supprimer une citation de Michel FOUCAULT et les quelques paragraphes qui l’accompagnée pour ne pas trop égarer le lecteur : « Il y a des moments dans la vie où la question de savoir si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit est indispensable pour continuer à regarder et à réfléchir. La seule espèce de curiosité qui vaille la peine d’être pratiquée avec un peu d’obstination est non pas celle qui cherche à s’assimiler ce qu’il convient de connaître, mais celle qui permet de se déprendre de soi-même » (« L’usage des plaisir »).
Nous sommes bien d’accord et conscient du problème, l’un des principaux freins à sa compréhension réside malheureusement dans le fait de pouvoir trouver des solutions qui permettent de lever les inhibitions et sortir les « masses » (les plus proches « spectateurs » d’une situation d’emprise suffiraient) du dénis dans lequel ils se trouvent pour que l’aide aux victimes de ce fléau puisse se faire sans limitation comme c’est actuellement le cas.
Bonne journée et merci encore pour vos judicieuses interventions.
