Commentaire de Christian Labrune
sur Autisme : réponse ouverte à PsychoMedia Magazine… et à d'autres
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@Bernard Pinon
Quand j’écris « infalsifiable », je ne fais qu’utiliser le terme dont se servent en général les traducteurs de Popper et les épistémologues. La science, par opposition à l’idéologie, est falsifiable, c’est-à-dire qu’on peut rendre fausse une théorie en faisant apparaitre les apories qui prétendent la fonder ou des contradictions internes. Beaucoup d’hypothèses scientifiques sont ainsi été menacées de tomber dans les poubelles de l’histoire, et quelquefois, elles y sont restées. Au milieu des années 90 du dernier siècle, Andrew Wiles avait proposé une démonstration du dernier théorème de Fermat. Elle était extrêmement longue, et il était vite apparu qu’elle était incomplète, on venait donc, en la critiquant, de la « falsifier ». Qu’est-ce qu’a fait notre mathématicien ? Il s’est remis au travail et a pu proposer peu après une démonstration complétée qui est aujourd’hui acceptée par tous ses confrères. La psychanalyse, en revanche, ne peut pas être fausse. Si vous la contestez, c’est que votre inconscient « résiste » à une vérité qui le dérange et qui est pourtant incontestable : l’inconscient existe, et Freud l’a rencontré ! Contester la psychanalyse, c’est révéler qu’on a des problèmes névrotiques ; il serait donc très urgent de recourir au divan pour les soigner. De la même manière, lorsque je critiquais le marxisme, il y a quarante ans, un brave collègue du PC avec qui je discutais quelquefois me disait : je ne t’interdis évidemment pas de critiquer Marx, mais si tu critiques, c’est que tu n’as pas encore compris. Relis le Capital. Quand tu auras vraiment compris, tu n’éprouveras plus du tout l’envie de critiquer.
Bref, le scientifique accepte d’avoir tort, l’idéologue jamais. Il a le même accès à la Vérité que les croyants des religions révélées.
