Commentaire de Pyrrhos
sur Russie vs Occident


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Pyrrhos 5 janvier 2014 19:32

Je ne sais pas si vous me prenez au mot, mais vous évitez certainement les vrais questions que je vous adresse.

 Le droit international a été inventé pour se protéger des Etats prédateurs, et pour protéger les populations civiles.

Vous le savez fort bien, l’intervention au Kosovo — qui aurait dû être décidée bien plus tôt — était justifiée par le génocide perpétré par Slobodan Milosevic, sous le couvert de la fameuse souveraineté.

L’intervention en Irak aussi était parfaitement justifiée — ou plutôt la Guerre du Golfe aurait dû avoir des conséquence définitives pour le régime de Saddam Hussein. Un dictateur qui a éliminé deux millions de personnes est indubitablement une arme de destruction massive.

Vous le savez encore, la Fédération Russe utilise l’argument de la souveraineté pour maintenir au pouvoir, dans des zones stratégiques du globe, des régimes à sa solde. Ces régimes, comme j’ai eu l’avantage de vous le faire remarquer, offre au Kremlin des débouchées économiques et militaires exclusives, pour faire court : ces dictateurs mettent à la disposition d’une puissance étrangère toutes les ressources, richesses et possibilités géopolitiques du pays donné. En échange, ils reçoivent impunité et protection.

C’est dire que les dictateurs n’ont en rien à coeur les intérêts de leur pays ou de leur peuple.

En ce qu’il n’a pas d’autre objectif que la perpétuation de son pouvoir, le dictateur se rend toujours coupable d’un gigantesque détournement des forces d’un pays et, à ce titre, il est coupable de haute trahison.

Vous me dites, en substance, que les pertes humaines dues aux interventions nécessaires pour extirper ces criminels de masse de leur repaire ne valent pas le coup. Qu’il vaut mieux les laisser en place pour le bien même des populations civiles. Rien n’est plus faux ! Le dictateur tue tous les jours, en silence, pendant des années, indépendamment des circonstances. La guerre est toujours mauvaise, mais dans ces cas-là, la paix est bien pire et plus coûteuse en vies humaines.

J’irais même plus loin : la paix qui règne dans un pays dictatorial n’est pas une vraie paix, c’est une guerre larvée sur fond de désolation.

Mais venons-en à vous. Je vous en ai fait la remarque, votre point de vue est systématiquement le même que celui du Kremlin. Comment cela se fait-il ?

Vous prétendez faire preuve d’esprit critique et considérer l’actualité avec l’oeil de celui qu’on ne trompe pas et pourtant vous ne faites jamais rien d’autre que reprendre à votre compte les thèses du Kremlin  !

Pour ma part, je peux être très critique à l’égard de l’occident, je suis libre de mes opinions. Mais vous, vous êtes complètement esclave des positionnements de la diplomatie russe, c’est simple vous êtes incapable de prendre la moindre distance avec les dogmes affichée par Poutine et ses prédécesseurs. Ca, c’est vraiment pathologique.

Un exemple frappant, c’est la manière dont vous justifiez l’intervention russe en Tchétchénie. Mais, en fait c’est très simple : de manière très arrangeante pour vous et le Kremlin (c’est la même chose), vous décrétez que tout peuple qui souhaite prendre sa destinée en main en Orient est islamiste.

Une fois ce tampon apposé, vous vous sentez libre de réclamer à corps et à cris le maintien dans ces pays d’autocrates à la solde de Moscou et la mort pour tous leurs opposants.

Mais, là encore, vous prenez les choses à l’envers et publiez un véritable sophisme  : Ni Vladimir Poutine ni Bachar al Assad ne sont des tueurs pathologiques. Ce sont les circonstances factuelles qui les ont obligés à utiliser de cette violence.

Ce que vous appelez les « circonstances factuelles », c’est la contestation n’est-ce pas ? Donc, ce que vous me dites, c’est : « Poutine et Assad n’on tué que les gens qui contestaient leur pouvoir. En cela, ils sont excusables (!) ». Donc vous considérer que c’est normal et justifiable pour un dictateur de tuer. « Non, mais c’est vrai, quoi ! Comment se maintiendraient-il au pouvoir autrement ? Ils ont raison ! » Autant dire : « Mais, Monsieur le Juge, il fallait bien que je le tue, je voulais prendre son argent et il allait appeler la police ! » 
Votre argument est absurde et il est ridicule.


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