Commentaire de Orélien Péréol
sur Le géant égoïste (le gentil, le méchant et le pervers)


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Orélien Péréol Orélien Péréol 25 janvier 2014 14:53

Bonjour Fergus, bonjour Emmanuel Aguéra

Certes, je déflore, je casse le suspens, j’empêche « l’attente légèrement angoissée de la suite », qui est un moteur commode et fréquent des narrations. ça ne m’a pas empêché d’écrire ce que j’avais vu vraiment. ça ne m’a pas retenu.
D’abord, quand on sait la suite, on peut plus faire attention et même jouir de la façon dont c’est fait. Par exemple, le film Barry Lindon annonce la suite dans des voix off, si je me souviens bien, et cela permet d’être dans l’appréciation de la forme.

La deuxième raison qui m’amène à ne pas m’inquiéter de dire la fin, je dois la donner à Emmanuel Aguéra : J’ajoute, par rapport à l’article, que la notion même de perversité ne m’est pas venue une seule seconde à l’idée à propos du petit Arbor qui m’a semblé très sain d’esprit, justement révolté par ce qui lui arrive injustement. Au contraire, son humanité apparaît flagrante lors de son étreinte avec la mère de son copain décédé. La seule perversion exposée est celle de cette société laissée pour compte et livrée à elle-même dans son ghetto.
Un ghetto, où même les personnages les plus horribles peuvent s’appeller... « kitten » !
Cette analyse est montée en moi peu à peu, je suis sorti plutôt avec le point de vue général, qui est le flot, exprimé par Emmanuel Aguéra. Mais aussi avec un trouble.
Après quelques jours de « méditation », je suis retourné le voir avec cette grille de lecture. Après confirmation, à mes yeux, j’ai écrit l’article.
Effectivement, on ne voit pas la perversité. Nulle part. Pervers veut dire « à l’envers ». Le pervers est invisible.
Cependant, en ce qui concerne le film le géant égoïste, la succession des événements ou actions est bien celle-ci :
Les enfants sont exclus de l’école
ils vont vers le géant qui les exploite (il est droit dans son exploitation)
Arbor le vole (en cachette de son grand copain aussi)
Le méchant géant le punit en lui faisant prendre un risque inconsidéré mais qu’Arbor est prêt à prendre
son ami gentil le supplante par pure amitié parce qu’il voit qu’Arbor ne pourrait tout seul
Arbor va nommer le coupable, qui accepte tout le monde accepte, l’ensemble des groupes de la société, police et justice de la grande Bretagne et les spectateurs
Alors que le point de départ, la source, c’est Arbor qui vole Kitten


Que les pervers paraissent les plus sains, c’est la texture même de la perversité.
Il faut s’accrocher au réel pour les voir, à ce qui se passe vraiment.

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