Commentaire de Sylvain Reboul
sur Monarchie élective ou démocratrie représentative ?
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Suite à mon article, il convient de tirer un premier bilan de la situation recambolesque créée par le fait du prince qu’a été l’intervention de Jacques Chirac au sujet du CPE.
Dans un superbe tête à queue dont il a le secret notre président, après avoir court-circuité le parlement et les partenaires sociaux par le biais de son premier ministre et successeur désigné, met se dernier sur la touche (ou en reserve de la république) sans le démissionner mais en confiant au parlement et à son ennemi intime (Sarkozy), chef du parti majoritaire, le soin d’ouvrir des négociations directes avec les syndicats dont chacun sait qu’elles vont enterrer le CPE, déjà condamné à mort par sa décision de le vider de sa substance, tout en le promulgant. (Ouf !)
Les syndicats ne s’y trompent pas : il voient un boulevard s’ouvrir devant eux en vue de négocier en position de force une sécurisation des parcours professionnels pour tous les salariés, jeunes et moins jeunes. La mobilisation va donc changer d’objet et probablement de forme ; ce qui aurait dû être fait au départ le sera dans un contexte de mobilisation sans précédent : la démocratie à chaud reprend ses droits.
Mais les institutions n’en sont pas moins en crise, dès lors que tout dépend des contorsions et des manoeuvres contradictoires du chef de l’état qui peut à volonté manipuler un premier ministre ou un parlement à sa guise en fonction des mouvements sociaux et/ou, comme disent certains, de la rue.
Le pays n’apparaît plus dirigé, dès lors que celui qui est le garant des équilibres politiques et du fonctionnement des institutions peut changer de ligne politique au grès des évènements : jouer le premier ministre contre les corps intermédiaires représentatifs ou jouer ceux-ci contre le gouvernement et son chef au profit de son ennemi intime. reste à celui-ci maintenant de faire ses preuves ! En attendant, la crédibilité de ceux qui nous gouvernent se détériore irrésistiblement et la crise du régime s’aggrave au profit d’une direction politique à courte vue de plus en plus erratique.
Il est temps de réfléchir sur des aménagements des institutions qui prennent plus et mieux en compte le pays réel.
Quelques pistes pour ouvrir le débat :
- Réforme du mode de scrutin des députés (plus de proportionnelle)
- Revalorisation du rôle du parlement et des commissions de travail parlementaires souvent très fécondes
- Réforme du Sénat dans le sens de celle préconisée par le Général de Gaulle qui faisait entrer les partenaires sociaux et les régions dans le pouvoir législatif.
- Négociations obligatoires entre les représentants des salariés, le gouvernement et le parlement pour tout ce qui concerne les principes fondamentaux du droit du travail et qui, pour l’essentiel, doit être laissé, dans leurs modalités d’application, à l’initiative des contrats négociés par branche entre les partenaires sociaux que l’état sera chargé d’avaliser et de garantir.
- Réforme de la représentativité syndicale, favorisant une plus grande expression directes des salariés pour décider des modalités d’action et une procédure et une régulation de l’usage du droit de grêve qui oblige à des négociations préalables avant toute grêve.
Autant de pro-positions dont l’inspiration me paraît ni ultra-libérale, ni étatiste monarchiste ou social-étatiste, mais social-libérales ou, si l’on préfère, social-démocrate en résonnance indispensable avec les comportements politiques et sociaux de la plupart de nos partenaires européens.
