Commentaire de antoine (Montpellier)
sur Mélenchon prend de la distance pour en appeler directement au peuple, le Front de Gauche reste éclaté...
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Alinea, c’est au pied du mur qu’on connaît le maçon. C’est dans le rapport au social, spécialement aux luttes qu’on connaît la gauche. Je maintiens que le rapport du FdG aux luttes est un rapport rhétorique qui a un creux, un vide béant en son centre : il n’y a rien sur la coordination des luttes et l’appui à leur développement. Rappelez-vous les phrases de JLM au lendemain de la présidentielle : il n’appellera pas, contrairement au NPA, aux grvèes. Il a tenu parole : il a soutenu les grèves mais le FdG n’a aucunement travaillé à aider les luttes à converger et à s’étendre. Parlez-en aux Sanofi, que j’ai suivi de près sur Montpellier, qui luttent depuis des mois. Ils on compris assez vite que le FdG pouvait pétitionner pour eux, présenter des projets de loi pour leur bagarre. Mais quand il s’est agi de se battre pour étendre la lutte, organiser les actions de convergence. Zéro : pourquoi ? Là vous avez un gros point aveugle : parce que justement le FdG commet l’erreur terrible de prétendre que ce sont les bureaucraties syndicales qui doivent diriger le social. Admettre cela c’est admettre que l’on veut empêcher le mouvement social de jouer un rôle majeur dans la lutte contre le pouvoir. Car il se trouve que ce rôle est éminnemment politique et que si le mouvement social commence à se mêler de politique, il n’y a pas que les bonzes syndicaux qui perdraient leurs privilèges. Les Laurent et même JLM ne sont pas sûrs d’être reconnus comme les leaders naturels du mouvement. Tout se tient : votre approbation du refus du FdG de se mêler du social et du syndical c’est ce qui explique l’échec et du mouvement social et du FdG. On neutralise la seule force qui pourrait faire plier Gattaz et la bande de socialos qui lui sert la soupe : les travailleurs en lutte sur leurs lieux de travail coordonnés.
Dans sa nouvelle trouvaille politique, celle de l’homme providentiel qui en appelle au peuple, JLM fait semblant de comprendre où sont les choses : les partis et les syndicats. Sauf que, pour ceux-ci, il les laisse maître de continuer à envoyer le mouvement social dans le mur. Sa seule option c’est d’espérer qu’à force d’aller dans le mur, le peuple, en laissant les syndicats verrouiller le social, iront sur le terrain politique s’en remettre au guide suprême. C’est un contournement de l’obstacle qui ajoute de nouveaux obstacles à la seule chose qui peut faire peur aux possédants : le peuple qui fait de la politique à partir des lieux de travail et décide, une fois ceci consolidé, d’aller voir du côté de l’espace politique. Pas sûr dans ce modèle qu’on ait besoin d’un chef dont l’histoire n’a rien à voir avec le monde du salariat et des couches populaires en général.
