Commentaire de Agor&Acri
sur Pauvreté, pyramide sociale et démographie
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@ l’auteur,
cet article, bien construit au demeurant, constitue un excellent exemple du danger que représente la maîtrise de la rhétorique lorsqu’elle sert un dessein non explicite.
Aucun procès d’intention dans mon propos, car il est très possible que vous y ayez contribué à votre insu.
Votre titre est limpide : Pauvreté, pyramide sociale et démographie
L’analyse de la pauvreté, au moyen de la pyramide sociale, débouchant sur la conclusion que c’est sur la démographie qu’il faudrait agir pour restaurer un meilleur équilibre social.
Commençons par ce constat :
Il ne fait aucun doute que la démographie mondiale galopante soulève de vraies et graves questions.
Une espèce prédatrice, sans aucun prédateur au-dessus d’elle, dans un écosystème vaste à l’origine...mais qui apparaît aujourd’hui de plus en plus étriqué = la pente est tracée.
Ceux qui connaissent des grands classiques de jeux vidéos comme Age of Empires ou Sim City savent que, lorsque chaque recoin de la carte est exploité, la partie laisse le gout amer du « Et maintenant ? ».
Cependant, je considère qu’il y a un biais dans l’argumentaire de cet article.
1/ C’est une chose de vouloir apporter la démonstration de l’existence d’un lien basique, logique et mécanique entre l’accroissement démographique et le poids de la pauvreté dans la pyramide sociale.
2/ C’est autre chose que d’expliquer que les incidences des redistributions de richesses (du haut vers le bas), si elles peuvent changer momentanément le sort des individus, restent sans effet sur la structure de la société ni sur sa richesse globale.
3/ Et c’est encore autre chose d’en tirer la conclusion que c’est par la dénatalité qu’on pourrait restaurer les conditions d’un
meilleure équilibre social.
Pure construction rhétorique.
Le discours ne donne une illusion de validité que si on suit la route du point 1 vers le point 3 et en restant bien dans les clous.
Mais si on remonte le fil, à contre courant, on est confronté à un envers du décor beaucoup moins convaincant.
Et cet envers du décor donne à penser que la finalité de la démonstration,
loin d’être à vocation sociale,
est plutôt de faire accepter l’idée qu’une action de « dénatalité » (dépopulation ?) serait in fine profitable à tous (point 3).
Et qu’en aucun cas, remettre en question l’accaparement démesuré des richesses par une petite minorité ne résoudrait les problèmes (point 2).
Projetons-nous en partant de la fin :
- Après « dénatalité », qu’elle serait la situation ?
La même petite minorité au sommet.
- Aurait-elle cessé de s’accaparer le plus de richesses possibles ?
Je ne vois pas le début d’un commencement de raison qui puisse nous faire croire cela.
- l’équilibre social serait-il meilleur ?
Je ne vois pas le début d’un commencement de raison qui puisse nous faire croire cela.
L’équilibre social était-il meilleur lorsque la Terre ne comptait que 2 ou 3 milliards d’habitants ?
Alors quoi ?
Alors le seul problème résolu sera celui de la surpopulation.
Cela, nul doute que les zélites y sont favorables.
Cet article est donc un leurre
puisqu’il ne met en avant les problématiques de pauvreté et de pyramide social que pour mieux suggérer qu’il n’y faut rien changer.
