Commentaire de Surya
sur Le tabou du viol, ça suffit !
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Elle ne vous a pas demandé de ne pas le répéter, peut être parce que ça tombait sous le sens, parce qu’elle n’aurait jamais pensé que vous alliez le répéter à tout le monde dès qu’elle aurait le dos tourné !
De toute façon, la personne vous aurait demandé de garder ça pour vous, ça n’aurait rien changé, vu votre théorie. Vous êtes tellement persuadé de détenir la vérité, d’être le seul à savoir ce qui est bien, ce qu’il faut faire, que vous seriez passé outre. Ce qui est encore pire bien sûr. Au moins, rassurez vous, vous pouvez avoir la conscience tranquille sur ce point. Genre : « ah ben j’ai rien fait de mal, après tout si elle voulait pas que je le répète, elle avait qu’à me le dire.. ; » tellement facile, comme attitude... Mais je ne m’inquiète pas pour vous, vous avez la conscience tranquille.
C’est quand même dingue ! Non seulement cette femme s’est fait violer, autrement dit on l’a forcée, on ne lui a pas donné le choix, elle a perdu la maîtrise, le contrôle de son propre corps, mais voilà qu’en plus, elle n’a même pas le droit de choisir pour elle-même, et d’avoir le choix de le dire (ou pas) à qui elle veut. Elle est forcée, contre son gré, contre sa volonté, encore une fois, à s’exposer... Et bien entendu, c’est un mec (je me trompe ? Vous êtes bien un mec ?) qui se croît autorisé à disposer d’elle de cette façon, comme il l’entend.
Les femmes n’ont donc AUCUN contrôle sur elle-mêmes ? Et vous prétendez vouloir défendre les femmes ? Vous vous parez de votre bonne morale, vous sortez de votre chapeau l’expression bien pratique « bien pensant » (on la sort à toutes les sauces celle là, en ce moment, elle est tellement pratique cette expression, pour essayer de culpabiliser les autres...) mais je commence à avoir un doute sérieux sur vos intentions, vous savez.
Vous voyez les femmes comme d’éternelles victimes, à qui il faut tendre une main secourable, certes, les pauvres, mais qui ne peuvent en aucun cas être maîtresse d’elles mêmes, ni de leur corps, ni de leur vie, ni de leurs décisions. Je commence à me demander si derrière vos si bonnes intentions, bien affichées, bien étalées sur la place publique, au fond de vous même, vous ne méprisez pas les femmes. En tout cas vous les infériorisez.
Vous comptez aller lui dire, que vous avez pris l’initiative de raconter à tout le monde son agression ? Vous réprouvez la loi du silence ? (vous avez raison jusqu’à un certain point, le viol est tabou et cela ne va pas dans le bon sens) alors dans ce cas, au moins, soyez logique avec vous-même jusqu’au bout, et allez lui dire (bien en face, cette fois) : « Tu sais, W, ben ce que tu m’as dit sur ton viol, j’ai été le raconter à tout le monde. Je suppose que tu m’en veux pas, hein ? »
Vous avez la conscience tranquille parce que vous savez très bien qu’elle ne saura jamais que ce qu’elle vous avait confié, vous vous êtes empressé d’aller le répéter à tout le monde. Personne, ni vous ni personne, n’ira le lui dire. Vous, parce que vous vous exposeriez à son ressentiment, et vous ne voulez surtout pas douter de vous même, vous regarder dans une glace, et vos amis (que vous vous croyez autorisé à critiquer parce qu’ils ont été choqués par votre attitude) parce qu’ils ne voudront pas lui faire de mal.
Vous n’avez aucune, je dis bien AUCUNE once de psychologie. C’est justement à cause de gens comme vous que tant de femmes ne veulent pas prendre le risque de parler.
Bonne fin de journée.
