Commentaire de Negawatt
sur La face cachée du pétrole


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Negawatt (---.---.246.252) 7 avril 2006 12:22

Vous savez comme moi que l’hydrogène ne se trouve pas dans la nature. Il faut donc le produire et le produire sera le résultat de la transformation de matières premières. La ou lesquelles ? Je rappelle au passage que la vapeur d’eau (55% des rejets - source GIEC) est un gaz à effet de serre. Certe, ce gaz pose moins de problème que le CO2 et le méthane bien que quantitativement moins présents dans les rejets.

On a évoqué ici le programme islandais de conversion de toute son économie à l’hydrogène et en particulier toute sa flotte de pêche dont l’activité est de toute façon limitée par le tarissement des ressources halieutiques. La particularité de ce pays c’est d’être riche en géothermie et c’est sur cette base que ce pays compte mettre en oeuvre ce programme.

Comment faire en France et ailleurs dans le monde compte tenu de ce que nous venons de dire en matière d’hydrocarbures (il nous faudra traiter de l’avenir du charbon) et du nucléaire ?

Non, le plus probable et le plus raisonnable sont encore les biocarburants (huile, éthanol) puisque renouvelables et consommateurs des gaz à effet de serre que leur combustion génère mais jusqu’à un certain point seulement car il faudra bien choisir entre nourrir 6 milliards d’être humains (9 milliards en 2050) et faire rouler nos tracteurs, nos camions et nos voitures. On peut essayer de voir avec le solaire et l’éolien mais les puissances nécessaires pour produire de l’hydrogène seraient sans doute plus utiles ailleurs pour de meilleurs rendements.

La vérité que nous retourne la réalité des limites naturelles doit faire l’objet d’une prise de conscience qui va nous permettre de grandir et continuer à progresser à condition de changer de modèleet de politiques énergétique. Et grandir est à entendre comme différent de croître, croître globalement, croître sans distinction et sans mesure ce qui signifie sans doute qu’ici ou là, il faudra décroître pour pouvoir croître ailleurs. Encore que là il y a matière à débat.

Un livre à ce sujet a paru récemment que je vous recommande. On peut en trouver une note de lecture critique sur le web : http://www.attac95se.org/index.php?2006/04/05/50-la-croissance-ou-le-progres

ou dans la Quinzaine Littéraire de cette semaine.

Quoiqu’il en soit, comme le dit Yves Cochet dans son dernier livre : « Moins loin, moins vite, moins souvent » devrait devenir très très rapidement une notion consensuelle et d’intérêt général.


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