Commentaire de Hermes
sur La pollution des mers
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Bonjour,
La fuite en avant est la caractéristique du comportement de l’homme : il réagit à ses erreurs et compense ses craintes , mais ne voit pas ce qu’il fait réellement : il rêve.
Son interdépendance avec la nature et la responsabilité qui lui incombe sont effacées par le rêve technologique qui le tire en avant en utilisant son illusion de pouvoir, de supériorité, d’intelligence, et en utilisant sa paresse et ses peurs. Or, il ne voit rien, n’est rien, ne comprend rien (il ne fait qu’analyser et disséquer) et il va à sa perte avec un orgueil et une vanité sans bornes !
Aucune idéologie (ou religion) ne nous sauvera de cela, elles se transforment toutes en luttes de pouvoir et d ’influence, qui mènent nécessairement à la violence et à la compéttion, voraces en énergie et en ressources, et destructrices de la vie.
Comprendre cela chez soi, quel que soit sa position dans la société est la seule clé, sans attendre que l’autre fasse le chemin : comment, je rêve et je fuis le présent, en dépendant de mes peurs et en me rassurant dans mes idées et/ou dans la consommation avec une énorme vanité. Reconquérir le présent et la sensation complète de soi-même permet d’échapper à l’enchaînement du conflit et de la compétition. Si je sais que je vis, je peux certes me désoler de cet état de choses, mais si je cultive ma propre désolation et mes peurs enfouies, je m’enferme et me coupe de la vie en moi, qui n’est que joie tranquille, sans crainte.
Que je sois roi ou mendiant, que je me croie maître du monde ou paria de l’humanité, je fais face à la même réalité intérieure. Tant que je pense que je dois chercher la causes de mes peurs et de ma souffrance uniquement à l’extérieur, je participe du mouvement global d’aliénation.
Agir quand on le peut à l’extérieur, et s’informer est une nécessité, car dès lors qu’on est présent, la curiosité étend notre champ d ’observation tant intérieur qu’extérieur. On voit la réalité de plus en plus crûment, avec un regard plus clair. Mais si je laisse mon regard intérieur se voler par des sentiments lourds et obscurs, alors mes actions iront nécessairement dans le sens de la violence, et je créeai autour de moi des sympathisants et des opposants.
Le chemin est très étroit pour l’humanité, et ne pourra être pris que par une prise de conscience globale, sans lutte de pouvoir. Il ne peut être imposé. Peut-être sera t-il pris, peut-être pas. Combien survivront ? Combien le prendront ? Nul ne peut le savoir.
La seule chose que chacun de nous peut savoir s’il s’en donne la peine, c’est comment il pose son regard sur les personnes et les choses autour de lui, quelle attitude et quelles tensions il nourrit qui le coupent de la vie. Il n’y a personne à qui cette voie d’attention soit interdite, car elle permet de se libérer de ses propres chaînes et du passé. Tel est le sens, perdu, des messages les plus anciens.
Que risquons nous à essayer ?
Bonne journée à tous !
