Commentaire de diogène
sur Pour un exercice responsable de la liberté d'expression : le cas Charlie Hebdo
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L’humour porte généralement sur son propre rôle. Alors que l’ironie discrédite un autre, avoir de l’humour consiste à se discréditer soi-même. Quand Talleyrand officiait pour inaugurer le culte de la déesse Raison sur un autel immense dressé sur le Champ de Mars, il déclarait en gravissant les marches de l’autel : « Surtout ne me faites pas rire. »
Cette manière de se moquer de soi-même dans le rôle qu’on vous fait tenir est souvent tenue pour une exigence de la bienséance chez les anglais. C’est pourquoi on parle souvent de l’humour britannique et l’oppose à l’esprit français tenu pour sarcastique avec de l’i ironie à la manière de Voltaire.
Les formes extérieures de respect sont au centre du problème : ou bien on les efface en s’en moquant soi-même, ou bien on s’expose à ce que quelqu’un le fasse comme fait le Canard Enchaîné.
