Commentaire de Po-houen Wou-jen 伯昏無人
sur ITER mars 2015
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Retournons près de cinq années en arrière. Dans la fleur de l’âge,
je m’invite à Bruxelles, en charmante compagnie, découvrir cette bourgade ; il
faut le dire, bien plus respirable que Paris. Après avoir admiré les trésors
alchimiques de la Grand-Place, nous sommes allés nous soûlé, casque sur les
oreilles, dans le musée des instruments de musique. Puis, flirtant dans un parc
ombragé de la capitale, on est tombé sur un quartier d’exposition sur I.T.E.R.
Entrée gratuite, installation digne d’une attraction
du Futuroscope : larges panneaux stylisés explicatifs, maquettes, consoles
ludiques expérimentales, vulgarisation du projet dans un court métrage de 20
minutes en 3D etc. Il y avait une chambre secrète dans un coin où il y avait
une boule en verre d’un mètre de diamètre, incrusté dans une console, qui
produisait des filets électriques au contact des doigts, comme sur les lampes
de madame Irma. Le coin photo ? L’énorme panneau qui reproduisait la chambre en
forme de donuts servant à faire circuler le plasma. Je me souviens aussi avoir
fait du vélo d’appartement, avec un tableau d’une dizaine d’ampoule électriques
comme guidon ; quand je pédalais les ampoules s’allumaient. Magique ! Et
pourtant.
J’étais encore jeune, mais pas encore tout à fait con. Les propos des intervenants « experts » sur place, pour nous vanter les mérites de leur machine révolutionnaire, sonnait terriblement faux. Le film en 3D était tout simplement ahurissant. Il s’agissait d’une bande de personnages héroïques inspirés des plus mauvais dessins animés qui m’expliquait le monde. Je me suis retrouvé comme un gamin de 6 ans d’âge mental devant son cartoon en trois dimensions. Ce court-métrage nous a expliqué que les problèmes de la terre entière ont été résolus par les scientifiques, qui ont enfin réussi à « mettre le soleil en bouteille ». S’en suivait une explication technique de la machine, mentionnée de façon ludique, qu’un enfant de 8 ans pouvait comprendre. Je me souviens encore clairement quand la séance s’est terminée, et qu’on rendait nos lunettes, d’avoir vraiment eut le rire jaune. Cela ne tenait tout simplement pas debout.
