Commentaire de sls0
sur Loup, 30 ans après sa réintroduction
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Paroles de professionnels.
Pourquoi sont-ils encore là, éleveurs et bergers, pourquoi
continuent-ils à pratiquer la garde des troupeaux ? C’est une question
légitime, lorsqu’on sait que l’élevage ovin, notamment pastoral, et plus
encore celui utilisant les estives de montagne, a plutôt du mal à
trouver sa place dans une société ayant tendance à le cantonner au rang
de curiosité patrimoniale (Fabre, 2002).
Ce type d’élevage a,
depuis quelques décennies déjà, vu beaucoup évoluer ses conditions
socio-économiques. Il est en effet confronté, comme c’est aussi le cas
dans d’autres pays, à la nette diminution du prix de l’agneau payé aux
éleveurs, ceci en raison des importations. Rappelons que la moitié de la
viande ovine consommée en France est actuellement importée,
principalement du Royaume-Uni et d’Irlande. Certes, cet élevage
bénéficie des « aides agricoles » européennes, qui fournissent plus de la
moitié du revenu net d’exploitation, aides tout à fait vitales mais qui
contribuent à alimenter chez les éleveurs un sentiment de perte de sens
de leur métier.
Enfin, il n’a pas encore réussi à valoriser
économiquement ses atouts, dont l’image assez excellente de ses produits
comparée à ceux issus d’autres formes d’élevage, notamment
industrielles. C’est pourquoi les éleveurs sont de plus en plus enclins à
diminuer leurs charges financières liées au travail, dont celle liée à
l’emploi d’un berger. Le nombre de bergers salariés s’est donc
considérablement réduit depuis cinquante ans, notamment en élevage ovin
allaitant. La situation des élevages ovins et caprins laitiers est
meilleure, surtout s’ils émargent à une production de fromages locaux
sous label de typidicité. Mais tous les autres sont assez violemment
confrontés aux gros volumes et aux bas prix pratiqués par les
productions industrielles, ces dernières utilisant parfois l’image du
berger dans Ieurs publicités alors qu’il n’est généralement question
pour leurs troupeaux que de fourrages cultivés et de concentrés.” (Michel Meuret)
« La profession allait mal bien avant les loups ; ils crevaient la gueule ouverte. L’arrivée des loups n’a fait que révéler la situation. Il revient moins cher d’acheter de la viande produite à des milliers de kilomètres que chez nous. Ce n’est pas viable. » (Geneviève Carbone)
Pierre Jouventin n’hésite pas à parler du mythe du loup, et évoque l’intérêt de la profession à désigner un coupable :
Effectivement 93% des remboursements la conclusion technique est : Cause de mortalité liée à une prédation, responsabilité du loup non exclue selon ce rapport.« Quand on vous dit qu’il y a tant d’attaques, il n’y a pas de preuve. C’est très difficile de savoir si c’est un loup ou des chiens errants. Mais les éleveurs doublent leur revenus grâce aux loups. S’ils racontent que c’est un chien, ils ne touchent rien. »
Les morts de moutons dû au loupséventuelles représente 0,1% du cheptel, maladies et accidents c’est 2%. Ces décès pourraient toutefois être sensiblement diminués par une meilleure surveillance des troupeaux et une stratégie d’élevage et de santé conséquente, si je me base sur les dires de le fédération suisse de l’élevage ovin.
Bref : Une profession qui va mal, il faut un coupable et en plus ça rapporte car c’est dans les endroits où le loup est présent que l’élevage ovin se porte le mieux.
