Commentaire de Pascal L
sur Inversion de la pyramide des âges
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Créer une monnaie locale ? le sujet n’est pas nouveau. Il y a déjà pas mal d’expérimentation en France et il doit y en avoir au moins 64 en Allemagne.
Ces monnaies ont pour avantage de circuler plus vite que l’Euro et font donc de l’activation économique.
Pour réussir, il y a un certain nombre de contraintes à respecter.
Aujourd’hui, toutes les monnaies locales dans la zone Euro ont l’Euro comme contrepartie. Cela fonctionne bien, mais cela en limite fortement les effets puisque les intentions économiques de ces monnaies découlent de l’Euro. Difficile alors de développer un secteur particulier (la santé, l’éducation…). Pour lancer cette monnaie, il faut emprunter des Euros et les intérêts vont rapidement plomber les avantages si les bénéfices ne sont pas supérieurs aux intérêts. Et même si la contrepartie est donnée par une subvention, il faut imaginer que la quasi-totalité des Euros en circulation ont été empruntés à une banque, donc il existe toujours quelqu’un quelque part qui paye les intérêts (les contribuables le plus souvent)
Une monnaie dont la contrepartie n’est pas l’Euro serait sans doute beaucoup plus efficace, mais il faudrait faire une sortie partielle de l’Euro et je pense que ce ne sera pas possible sans dénoncer quelques traités européens.
Le chômage de masse est une conséquence du fonctionnement actuel de l’Euro (voir « l’imposture économique » de Steve Keen) et c’est lié à la diminution de la masse monétaire due à la création monétaire par la dette et au paiement des intérêts. Vouloir ajouter une masse monétaire pour financer des emplois est donc au départ une bonne idée, mais s’il faut des Euros, on est pas sorti. L’accélération de la circulation par une monnaie locale compense partiellement le problème, mais pour le résoudre complètement, il faut sortir de la contrepartie en Euro.
Vous voulez financer des retraités qui vont alors se retrouver en concurrence avec d’autres salariés qui ne bénéficient pas ce type de financement. Les syndicats de salariés vont rapidement y mettre un terme et ils auront peut-être raison. Vous ne pouvez pas limiter ce dispositif.
Pour faire une monnaie efficace pour l’emploi, il faudrait que la contrepartie soit directement la richesse créée par le travail. Ce qui oblige à faire une anticipation de parfois plus de 20 à 30 ans (quand peut-on dire que la construction d’une nouvelle école porte des fruits ?). Cette anticipation demande un gros travail de suivi. Lorsque le travail ne porte pas de fruits (échecs de projet…) il faut réduire la masse monétaire d’autant, soit par un impôt, soit par la transformation du crédit en une dette. De même lorsqu’il y a une usure ou une obsolescence de l’objet créé.
Tant que la contrepartie est en Euros, il n’y a pas de risque de spéculation. Dans le cas contraire, il faut envisager des mesures de régulation, où mieux, ne pas prévoir la convertibilité. Cela est possible si l’Euro garde sont rôle de monnaie convertible et donc encore une fois la sortie partielle de l’Euro semble la meilleure solution.
Enfin, vous posez le problème de la proprité de la monnaie. Je ne suis pas sûr qu’une entreprise privée ferait l’affaire. Le franc Wir en Suisse est émis par une banque mutualiste et j’aime bien cette idée que la monnaie appartient à ceux qui l’utilisent. La Suisse permet une monnaie non basée sur le Franc Suisse (10% du PIB suisse en Francs Wir). De toute façon, si vous n’autorisez pas la convertibilité, votre monnaie reste locale et vous n’avez pas besoin de vous défendre devant les instances internationales.
