Commentaire de doctorix
sur Mon toubib chez les ploucs
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@tashrin
Eh bien oui. Je me contrefous de savoir qui a payé mes études, quelques cours à la fac, comme dans toutes les facultés, dont les élèves n’ont rien à se reprocher, et dont on n’a rien à exiger : ce sont mes enfants, ce sont les vôtres.
Tous ce que j’en retiens, c’est la vache enragée que j’ai bouffée. Ce n’est pas comme si l’Etat m’avait donné de quoi vivre décemment pendant ces dix années, comme c’est le cas pour les médecins militaires.
On peut même dire qu’il m’a laissé crever.
Et avec mes futurs confrères, j’ai aidé à tenir hors de l’eau les différents services hospitaliers dans lesquels j’ai fait de nombreux stages, parce que l’examen des malades, les demandes d’examens, la tenue des dossiers, les gardes et les astreintes étaient notre lot quotidien. J’ai donné autant que j’ai reçu, bien plus qu’un étudiant en droit, en lettre ou en philosophie bouddhiste. Arrêtez de vous gargariser avec ça, ça ne tient pas la route.
A quel autre diplômé d’une faculté allez-vous demander de passer 10 ans au fond d’un trou perdu, de s’éloigner de sa famille, de ses amis, des paysages et des sports qu’il aime pratiquer ?
L’Etat forme ses étudiants gratuitement parce qu’il en a besoin. A aucun autre il ne propose la privation de liberté, ni la résidence surveillée en échange.
Vous êtes très généreux avec la vie des autres.
Mais vous ne me culpabiliserez pas. Entre vous et moi, je n’obtiendrai surement pas la palme du parasite.
Vous habitez Lyon, de plus : de quoi vous plaignez-vous ?
Si des gens veulent habiter au fond de la Creuse, il faut qu’ils sachent qu’ils ne disposeront pas d’autant de salles de spectacle, de centres de loisir et de cabinets médicaux qu’à Montpellier ou a Strasbourg. C’est à eux de faire leur choix, pas à nous de nous y adapter.
Et s’ils veulent vivre à la campagne, ils n’ont qu’à y installer des villes ; l’air y est beaucoup plus sain.
Monsieur le censeur, je vous salue bien.
Je précise que je suis installé dans un trou perdu depuis 40 ans, mais que je l’ai choisi. Tandis que vous défendez une cause qui ne vous concerne en rien, je défends mes futurs confrères (et ma fille) dans la liberté qu’ils ne méritent pas de perdre.
