Commentaire de alinea
sur Besame mucho
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Permets que j’aie quelques belles âmes en responsabilité, et que, oui, mon temps est compté.
Mais je réfléchissais à des réponses possibles. Plusieurs registres :
Charlie :
À force de les casser à tout le monde, ça te retombe dessus.
Pragmatique froid :
Ça ne risque pas de m’arriver, je ne saurais que dire.
Pragmatique chaud :
Pourquoi cela serait plus dramatique pour un homme que pour une femme, elles sont des centaines, à se faire ôter l’utérus pour cause de cancer du col, ou de la matrice elle-même.
Maintenant, moi
Rien de tout cela, en profondeur ; ma réaction première et toujours en ces temps-là : comprendre : génétique, vraiment ? ou absorption inconsciente de l’histoire de l’autre ? Non-dits familiaux, secrets, imitation bien involontaire, etc.
Après la digestion obligée de cette galère, en tirer toute la sagesse que cela nous oblige à acquérir. Revenir à ses racines, son humble condition et ne plus fuir dans le cynisme, la dérision, le jeu... de cons !
et puis, moi-même aussi : grosses bises, courage, lucidité et, par pitié, ne pas se laisser dériver dans une folie qui isole. Ne pas fermer les portes sous prétexte qu’on croit en leur protection.
En attendant, vivre le temps de la convalescence, prendre soin de soi, accepter sa souffrance, sa peur, son désarroi mais ne pas lâcher.
Il y a Pluton, et Jupiter, dans le cancer : renaître et se réaliser. Une page se tourne, ne pas la laisser blanche par peur de la noircir.
Je t’embrasse, Naoh.
