Commentaire de Hamed
sur Une « monnaie hélicoptère », lâchée dans les années 1930, aurait-elle évité la Grande Dépression mondiale ? Les leçons d'une crise
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@Raoul-Henri Merci pour la réponse. Tout d’abord, je n’arrive pas trouver le livre « La monnaie » que vous m’avez indiqué. Je ne sais si vous pourriez m’orienter. Vous me dîtes que « peut-être trouverez-vous de l’aide dans le contenu de ce lien pour permettre d’avancer dans la compréhension de ce que n’est pas la monnaie ». Je suppose donc que je ne suis pas avancé dans la « compréhension de ce qui n’est pas la monnaie ». Parce qu’il vous semble, je pense, que je n’ai pas pris en compte cet aspect. Je pense que je l’ai mis au compte de l’histoire, et c’est la raison pour laquelle vous dîtes que « vous avez été amené à me contacter pour me signifier que dans mes écrits, je vous semble ne pas différencier l’économie de la monnaie ; le fait du commerce de son abstraction monétaire. » Vous ajoutez aussi : « Et c’est problématique car à vous lire, et vous n’êtes pas le seul dans ce cas, les problèmes seraient aussi économiques, et ils le deviennent je n’en doute pas, mais au départ ils sont principalement monétaires. Et c’est cela qu’il est possible de résoudre, et assez simplement, compte tenu de la complexité monétaire actuelle. » Votre point de vue est pertinent. En effet, vous avez raison de poser qu’au départ ils sont pratiquement monétaires. Je reviens comme vous le dîtes au fait du commerce. Il est évident que le fait du commerce ne vient pas s’il n’y a pas un objet à échanger et un moyen qui mesure l’échange. Donc le fait du commerce est un acte consenti entre les parties. Et ce consentement vient du moyen qui mesure l’échange, qui peut être le troc, les coquillages… jusqu’aux monnaies qui ont cours aujourd’hui. Mais ce qui me semble incompris par vous, vous dissociez l’échange de la monnaie en avançant qu’au départ, que l’échange, ou l’acte économique, avant d’être économique, était monétaire. Cela peut vous paraître vraisemblable, pour une seule raison : la monnaie a été influencée, les hommes ne l’ont pas laissé suivre son cours, et encore aujourd’hui, en ce début de IIIe millénaire. Et précisément les hommes subissent les forces historiques. Et c’est cela qui pose problème aujourd’hui. La monnaie et les influences que les hommes ont exercées sur la monnaie relèvent d’un long processus historique inné, et donc d’une nécessité historique naturelle. Je m’explique, et je vais essayer d’être concret. Une question de base : Pourquoi dans les temps passés, il existait une forte proportion de juifs dans l’orfèvrerie ? Ils exerçaient dans tous ce qui est précieux (or, diamant, pierres précieuses, monnaie). L’usure c’est connu, au Moyen-Âge, au temps de la Renaissance, et aujourd’hui encore, dans la finance mondiale. Est-ce négatif ? Il est évident que non. Et si la monnaie a été influencée dès le départ, est-ce négatif ? Là aussi, non ! L’humanité a subi son histoire, comme les Juifs ont subi l’histoire. Le juif a voulu être juif, usurier, influençant la monnaie ? Il est évident que non. Il a subi l’histoire. Et son refuge dans l’orfèvrerie et dans le tout précieux s’apparentait à un moyen de survivre aux vicissitudes de son destin. Donc personne ne peut être comptable de son destin. Un chinois est chinois parce que de sa naissance, il est chinois dont il n’est pas responsable, de même pour l’Arabe, l’Allemand, le noir… Et là on comprend que la monnaie n’a rien à voir, elle cherche d’être un signe monétaire qui satisfait toutes les parties. Et ce signe est intrinsèquement lié à l’acte d’échange. Donc vous dîtes, Raoul, qu’au départ, les problèmes étaient monétaires. Je n’en disconviens pas. Mais ce n’est pas la faute à la monnaie qui n’est qu’un signe que l’homme lui donne. S’il en émet beaucoup, forcément la monnaie se dégrade, mais c’est la faute au capitalisme, aux capitalistes qui n’ont pas respecté les règles d’émission. Et puis quand des pays entrent en guerre, par exemple, l’inflation devient un passage obligé. Et d’autres cas de figure où la monnaie se déprécie et d’autres s’apprécient. Pour résumer, on peut dire que l’économie est avant d’être économique et monétaire, est d’abord historique. Pour ne donner que deux exemples, comment et pourquoi, au-delà des phénomènes économiques et monétaire, est survenue la crise de 1929, objet de cette article. Deuxième exemple : Par quelles forces la Chine s’est hissé, en trois décennies, au rang de deuxième puissance mondiale. Et elle aspire à devenir la première puissance du monde, en une décennie. Elle l’a été par son communisme ? Elle l’a été parce qu’elle s’est convertie à l’économie de marché ? Il est évident que non, ni communisme ni économie de marché, ils ont certes été des facteurs, mais des facteurs historiques plus forts ont joué pour qu’elle le soit. J’espère que j’ai apporté un éclairage, il est évident qu’on ne peut pas tout expliquer par ce que fait l’homme mais aussi par ce qu’il subit.
