Commentaire de Anthrax
sur Les sanctions ? Poutine s'assied dessus...
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L’embargo européens vers la Russie est une galéjade. Dès le début les producteurs ont utilisés tout un tas de subterfuges pour passer outre. Les tomates française de la vallée du Rhône font un tour en Algérie ou un Maroc où elles trouvent une nouvelle identité, ou bien on retire carrément l’étiquette d’origine. La Suisse est devenue une plaque tournante de ce trafic, et des milliers de tonnes entrent par la Kazakhstan et la Bielorussie liés à la Russie par des accords de libre circulation.
De temps en temps poutine nous fait une petite colère, quelques tonnes de tomates et de courgettes sont bousillées en place publique devant les cameras mais ça ne va pas bien loin. Car le fonds du problème, c’est que la production agricole russe est incapable de nourrir les gens, et l’embargo officiel a fait grimper les prix.
Avec le temps, cet « embargo » a même crée des marchés de niche très rentables... en Europe. Parce que l’embargo ne concerne que les fruits et légumes et les laitages, il offre de nouvelles opportunités pour les industries en amont de la filière : génétique des espèces fruitières, insémination artificielle des animaux, jusqu’aux désinfectants pour porcherie et aux chaînes du froid laitières. Soutenu par un fonds d’investissement et une banque russes, un projet va créer à Moscou une « maison France » où des exportateurs de yaourt et de charcuterie installeront chacun une ligne de production. Agrial (Caen, produits laitiers), touchée par l’embargo, mène des discussions avec le groupe Cherkizovo pour l’implantation de mini-fermes ; la coopérative Maïsadour (près de Mont de Marsan) s’est associée à Kouban, holding agricole de l’oligarque Oleg Deripaska, pour créer une coentreprise dans les semences de maïs. Un marché d’avenir car la Russie importe plus de la moitié de ses besoins (et même 80 % pour les semences de betteraves). Les engins agricoles est un secteur au fort potentiel : 85 % des tracteurs russes ont plus de dix ans d’âge et au moins 20 % des récoltes sont perdues par manque d’équipement. Les Allemands ont une longueur d’avance : Claas a doublé la capacité de son usine de Krasnodar et vient de signer un « contrat spécial d’investissement » - une première en Russie - qui lui donnera les mêmes droits qu’une entreprise locale pour les appels d’offres à venir.
Vous comprenez pourquoi l’UE a renouvelé l’embargo pour 6 mois ? Et quelques chose me dit que ce n’est pas fini...
