Commentaire de averoes
sur Le Malheur Arabe
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Bonjour Popov.
Ne le prenez pas mal, mais à mon avis, votre lecture d’Ibn Khladoun souffre, consciemment ou non, d’un déficit de subtilité, un travers dans lequel tombe une majorité de lecteurs pressés de cette partie des Prolégmènes. Car, en citant la traduction du baron De Slane, (Tome I. djvu/434), un détail vous échappé : Ibn Khaldoun parle des Arabes nomades, c’est écrit noir sur blanc après les phrases que vous avez citées (« Tels sont les Arabes nomades en général »).
Or, à l’époque d’Ibn Khaldoun, comme vous pouvez le supposer, tous les Arabes n’étaient pas nomades, À titre d’exemple, référez-vous au degré de civilité et d’urbanisme atteint par les Arabes de Al Andalus, Bagdad, Damas, le Caire, Fez, etc., tenant bien-sûr compte du contexte d’alors.
En filigrane, Ibn Khaldoun sous-tend son jugement sur l’attitude des tribus nomades, les Banu Hilal et les Banou soleim, qui avaient ravagé l’Iffriqyya (Tunisie actuelle), sur fond d’un différend entre le souverain ziride Al muizz Ibn Badis et le calife fatimide d’Egypte ; le premier ayant rompu les liens de vassalité qui le liaient au second, lequel, en guise de vengeance, lui envoya les Bédouins cités plus haut.
Cordialement.
