Commentaire de Christian Labrune
sur La pauvreté aux multiples visages
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
C’est effectivement tout à fait insupportable de voir des gens tomber de cette façon, quelquefois brusquement, dans le plus extrême dénuement. A Paris, et depuis déjà tant d’années, j’en ai vu souvent près d’une station de métro, très correctement habillés encore, quémander timidement quelques pièces. Mais après plusieurs semaines, les vêtements se sont usés et salis et ils commencent à ressembler à l’image qu’on se fait du SDF. Dans une société civilisée, de tels spectacles ont quelque chose de scandaleux. On a honte de passer là et de ne pas pouvoir faire grand chose. La « courbe du chômage » chère à l’homme aux lunettes roses, ne s’inversera jamais. Au milieu de ce siècle, c’est la moitié des emplois qui auront disparu, sinon plus, et il faudra bien songer à mettre en place un salaire universel.
C’est au milieu des années 80, quelques années seulement après l’arrivée au pouvoir de l’homme à la francisque, que ces spectacles déprimants auront commencé à se multiplier dans Paris. Au reste, je crois bien que c’est en 85 que seront apparus les « Restos du coeur ». C’était probablement mieux que rien, mais qu’en quatre ans un gouvernement socialiste ait pu réussir à mettre sur le carreau tant de citoyens et relancer une logique de la charité qu’on avait oubliée depuis Saint-Vincent de Paul, ça donne quand même à réfléchir sur ce que c’est que « la gauche » en France : bons sentiments et destruction méthodique, sous anesthésie idéologique, de tous les acquis sociaux. Ce que la droite n’aurait jamais pu entreprendre la gauche l’aura très vite réalisé, et à la perfection. Et je ne parle pas, dès la même époque, d’une destruction radicale de l’instruction publique, c’est-à-dire du socle même de tous les principes républicains.
