L’affaire me semble plus dangereuse qu’il n’ y paraît au premier abord, et ce n’est simplement une question d’accord du participe passé. On constate, depuis plus de 40 ans, qu’au niveau du Ministère de l’Education nationale qui a cessé depuis belle lurette d’être le Ministère de l’Instruction Publique qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, une fâcheuse tendance à « brouiller » les cervelles enfantines. ll regorge d’apprentis sorciers, dont les buts semblent de prendre les enfants pour des cobayes de leurs géniales intuitions. On mesure mal les dégâts causés par la fameuse méthode globale de lecture, qui hérissaient et hérissent encore les instituteurs. Elle est, en tout cas, directement responsable des retards dans l’apprentissage de la lecture chez les élèves les plus en difficulté.
La grammaire n’est pas une science exacte, mais elle constitue pour toutes les langues un corpus d’énoncés logiques directement reliés aux faits et à l’action humaine. Dans les langues à flexions les cas énoncent la forme de l’action. Le cas de l’accusatif (COD) est dans toutes les langues nommé de la même façon. Il n’y a pourtant aucune « accusation », mais l’espace logique défini est celui d’une action qui a une cause et une conséquence.Cet espace logique cause-conséquence est le plus important dans toute démarche logique. Tout se passe comme si nos démiurges voulait casser cette logique. Mais n’est-ce pas la même démarche largement répandue maintenant dans l’enseignrement de l’Histoire, où l’on s’acharne à couper en morceaux « thématiques » les périodes historiques et où on en arrive à semer le trouble dans les esprits : pourquoi y-a-til eu une Révolution si n’est pas présentée la situation des masses populaires en 1788 et avant ?
Les maîtres des programmes savent-ils ce qu’ils font ?
En tout cas, les conséquences de leurs actes sont là : une opération très loin de l’émancipation de la pensée humaine !