Commentaire de Taverne
sur Repentance ou liberté
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Mais en même temps, rejeter son passé c’est se rejeter soi-même. On ne peut pas, comme Gaston, le soldat amnésique, dans « le Voyageur sans bagage » d’Anouilh (1), refuser son passé et en choisir un tout neuf.
On ne peut pas être un peuple sans bagage !
(1) Allez, un extrait juste pour le plaisir :
Gaston : « Je ne suis pas Jacques Renaud !
Valentine : Écoute, Jacques, il faut pourtant que tu renonces à la merveilleuse simplicité de la vie d’amnésique. Écoute, Jacques, il faut pourtant que tu acceptes. Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...«
(…)
Gaston : « Je suis en train de refuser mon passé et ses personnages – moi compris. Vous êtes peut-être ma famille, mes amours, ma véridique histoire. Oui, mais seulement voilà… vous ne me plaisez pas. Je vous refuse.
Valentine : Mais tu es fou ! Mais tu es un monstre ! On ne peut pas refuser son passé. On ne peut pas se refuser soi-même… »
