Commentaire de Christian Labrune
sur L'ÉTAU
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ce que j’y ai lu montrait clairement qu’il n’y a plus de surmoi, si
l’on parle psy, et plus de vertu, si l’on parle morale. Et ce, chez les
citoyens, si toutefois ils méritent encore ce nom.
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@alinea
Par humeur, je souscrirais bien volontiers à ce constat, mais probablement pas pour les mêmes raisons que vous. C’est que la notion de vertu est des plus insaisissables. C’est probablement La Rochefoucauld qui a le mieux parlé de cette épineuse question. Il écrit par exemple :
« Ce que nous prenons pour des vertus n’est souvent qu’un assemblage de diverses actions et de divers intérêts, que la fortune ou notre industrie savent arranger ; et ce n’est pas toujours par valeur et par chasteté que les hommes sont vaillants, et que les femmes sont chastes ».
On n’est pas ici dans le domaine du politique, mais dans celui où vous paraissez vous placer, qui serait celui de la conduite de la vie des individus au jour le jour. Même là, le terrain est bien difficile,et parsemé de chausse-trappes des plus redoutables. C’est que si on se fait assez aisément des illusions sur les autres, l’amour-propre (au sens qu’avait cette expression au XVIIe siècle) induit à s’en faire souvent de bien pires sur soi-même.
