Commentaire de Daniel Roux
sur « Deviens ce que tu es » : un précepte confus
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Concernant Pindare, demander à un tyran de s’exprimer sans tenir compte de rien d’autre que de ce qu’il veut réellement sans tenir compte, ni des lois, ni des dieux, c’est prendre le risque de déchaîner la folie ou la pulsion de la toute puissance qui sommeille en chacun d’entre nous.
Concernant Nietzsche, son concept d’homme libre de toute morale et de toute pitié, du surhomme, ressemble assez à ce que suggère Pindare : Libérez-vous des chaînes dont la civilisation vous accable et exprimez-vous sans souci des conséquences !
Lui-même bénéficiait d’une rente octroyée par un grand personnage qui lui permettait de vivre sans travailler. C’est plus facile de se libérer quand on est libéré de l’obligation de gagner son pain.
Quant à se connaître soi-même..
Qui n’a pas constater que ce que nous sommes ou croyons que nous sommes, se révèle totalement différent suivant les circonstances ? Combien d’hommes soi-disant forts, montrent une grande lâcheté ou imbécilité devant un vrai danger ? Combien d’hommes soi-disant faibles, démontrent une admirable fermeté et efficacité en cas de crise extrême ?
Serions-nous la même personne, élevée pendant la préhistoire, dans l’antiquité, au moyen-âge ou aujourd’hui, naissant une riche famille aristocratique ou dans d’un couple d’esclaves ?
J’en doute.
Perso, je crois que nous sommes la résultante d’un caractère inné, d’une éducation imposée dans un milieu donné, et d’une expérience personnelle provenant de choix gratuits ou nécessaires et de hasards.
Prenons déjà conscience de ces forces qui nous forgent.
