Commentaire de Christian Labrune
sur Le Pape est-il croyant ?
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
@Pascal L
Vous devriez quand même vous rendre compte, me semble-t-il, que ce que vous écrivez n’a pas beaucoup de rigueur et que vous vous payez de mots. Quand je « rencontre » quelqu’un, c’est au coin de la rue, chez le bistrot ou dans l’ascenseur, mais ce n’est pas dans l’ascenseur que vous avez « rencontré » Dieu, c’est dans votre imagination, et les témoins éventuels de la « rencontre » n’auraient pas pu témoigner de sa véracité. Vous faites parler Dieu selon votre convenance : même si vous allez faire des recherche dans les textes sacrés ou la théologie, vous ne pourrez jamais trouver une formule qui dise qu’il faut accepter sa vie telle que la nature et les hommes nous l’ont donnée, même si le christianisme a récupéré beaucoup de choses dans la tradition stoïcienne. Le rôle des missionnaires chrétiens, pour ne prendre que cet exemple, c’était précisément d’arracher les hommes, et en particulier les Chinois à l’époque des missions jésuites vers la Chine, à ce qui leur avait été donné dès leur naissance « par la nature et par les hommes » : confucianisme, bouddhisme ou taoïsme. Si Dieu était tel que vous le dites, ils leur auraient foutu la paix.
« En guérissant une personne, Dieu veut que... ». Qu’est-ce que vous en savez ? Les desseins de Dieu sont impénétrables, disent volontiers les chrétiens. Voilà que vous vous mettez à la place de Dieu ; quel orgueil ! Dans le cas que vous évoquez (guérisons), Dieu se comporte en brave garçon plein de bonnes intentions, mais quand il laisse massacrer des enfants lors des génocides, quand il permet des tremblements de terre, des éruptions volcaniques ou des raz-de-marée qui font tant de morts, qu’est-ce qu’il vise ? L’abbé Pluche, au début du XVIIIe siècle, s’était efforcé, avec beaucoup moins de subtilité philosophique qu’un Leibniz dans son « Traité de théodicée », de prouver que tout est bien et que Dieu est un brave homme. Il y a des fruits aux arbres, c’est pour le dessert. Les melons présentent même des stries, et c’est de toute évidence pour pour qu’on puisse mieux les découper et les manger en famille. Mais les puces, si emmerdantes à cette époque ? Eh bien, les puces nous sont envoyées pour exercer la patience du chrétien. And so on.
Je vous conseille un article que j’ai publié sur ce site il y a déjà longtemps, et qui s’intitulait : « Un dieu farceur ». Il prouve, de la manière la plus rigoureuse, que Dieu, s’il existe, est nécessairement un farceur. J’aimerais bien avoir votre sentiment là-dessus.
