Commentaire de Giordano Bruno
sur Lire ne suffit pas...
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J’apprécie lors de la deuxième lecture d’une fiction, ou les suivantes..., d’observer comment l’écrivain prépare les événements ultérieurs, par des allusions ou bien souvent par la disposition d’éléments nécessaires à leur réalisation.
A ce sujet, Maupassant est très intéressant. Il donne bien souvent au lecteur attentif une foultitude d’indices lui permettant lors de la découverte du récit d’augurer sa suite, voir sa chute. La deuxième lecture permet d’en remarquer certains oubliés lors de la précédente.
Le meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie est aussi d’un grand intérêt. Un bon lecteur, en observant comment est écrit le texte, comprendra rapidement quel est le suspect numéro 1, alors que le lecteur lambda ne le remarquera bien souvent pas avant d’être très avancé dans le livre. La deuxième lecture lui permettra de constater le grand nombre de fois où il aurait pu être mis sur la bonne piste.
Un autre exemple : lorsque la famille du Marquis de la Mole est présentée à Julien Sorel et au lecteur, il est étrangement très peu question de Mathilde. Elle passe fugitivement, comme un fantôme, dans cette partie du récit. On peut alors deviner qu’elle aura un rôle clé et deviendra probablement l’amante du latiniste. Si on ne s’en est pas aperçu, la deuxième lecture rend le procédé d’écriture évident.
