Commentaire de Christian Labrune
sur JERUSALEM EST ou quelques hectares en échange de paix


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Christian Labrune Christian Labrune 28 décembre 2017 22:23

Après avoir rappelé qu’Israël est la capitale d’Israël, ce que tout le monde savait mais que les faux-culs occidentaux ne voulaient pas dire, David Friedman, l’ambassadeur américain encore à Tel Aviv, considère qu’il faut cesser, à propos de la Judée-Samarie, d’utiliser des termes tels que « occupation » ou « colonies ». Les prétendus « colons » sont bien évidemment des Israéliens, et ils sont sur les terres de leur très antique civilisation. Difficile d’être plus parfaitement chez soi.

Décidément, les Américains s’emploient, ces derniers temps, à enfoncer des portes ouvertes, mais ce n’est pas une mauvaise chose dans un monde où beaucoup prennent des vessies pour des lanternes et se flattent d’être dupes, comme les crétins du Quai d’Orsay en France.

Rappelons qu’on ne peut parler de « colonie » que lorsqu’un peuple prétend s’établir sur les terres d’un autre et les administrer à sa guise. L’étymologie du mot Judée, par exemple, est tout à fait transparente et renvoie à l’ancien royaume de Juda qui existait plus de 900 ans avant notre ère et s’était séparé du royaume d’Israël (en gros, la Samarie). Les habitants de cette région étaient-ils des Arabes palestiniens et musulmans ? J’en doute un peu. Pour savoir qui ils étaient, il suffirait peut-être de lire la Bible et de s’intéresser à l’archéologie dans la région. Quand quinze siècle avant notre ère le pharaon Touthmosis III entreprend, au nord de cette région, le siège de Megiddo, sont-ce les ancêtres des actuels « Palestiniens » musulmans qui sont retranchés derrière les murailles ?

Rappelons aussi que la Judée-Samarie faisait partie, comme l’ensemble de la Palestine avant le mandat britannique, de l’Empire Ottoman. Celui-ci dépecé après les accords Sykes-Picot, il n’y a plus à proprement parler de frontières dans la région. Après la guerre de 48, la Transjordanie occupe l’actuelle Cisjordanie (occupation qui ne sera jamais reconnue que par l’Angleterre, le Pakistan et l’Irak) mais elle sera obligée de s’en retirer après la guerre des six jours. La Judée-Samarie, selon les dispositions prévues par l’ONU en 47 aurait pu devenir un état arabe, mais ceux qu’on n’appelait pas encore des « Palestiniens » auront préféré la guerre et le droit du plus fort - à leurs risques et périls ! C’est ce qui fait que la Cisjordanie, depuis 67, n’a plus la moindre identité juridique en tant qu’état. Elle est administrée par l’Autorité palestinienne, mais on est dans le provisoire et l’incertain. On peut bien évidemment parler d’un territoire « disputé », qui devra faire l’objet d’arrangements entres les parties, mais certainement pas de colonie. Là encore, l’Amérique appelle un chat un chat.

Je n’aime pas beaucoup la littérature d’Albert Camus, mais je vais quand même pour l’occasion rappeler une de ses phrases qu’on aura si souvent entendue ces dernières années : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Ceux qui ne veulent pas le malheur des Palestiniens devraient s’employer, comme le font actuellement les Américains, à leur remettre un peu les yeux en face des trous.
 


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