Commentaire de Christian Labrune
sur Une chute brutale du régime iranien n'est pas dans l'intérêt d'Israël
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@Jonas
J’entends parfaitement vos raisons, et ma petite intervention n’avait nullement pour objectif de démolir votre point de vue ! Je ne vois pas non plus qu’on puisse partir en GUERRE contre un pays sous le prétexte qu’on voudrait y faire régner les droits de l’homme et y créer les conditions de l’émergence d’une démocratie. Ces sortes de paravents sont très pratiques lorsqu’on veut ménager au loin ses intérêts, mais c’est quelquefois très compliqué. Par exemple, la France avait des intérêts à défendre au Mali, c’est évident, mais l’intervention aura quand même permis de faire échec à l’avancée des islamistes ; du moins, c’est ce qu’il me semble, même si nous manquons encore peut-être du recul qui permettrait d’en juger. Les aventures irakienne ou libyenne, en revanche, vous donnent entièrement raison.
On peut justifier le fait que les états soient des monstres froids préoccupés uniquement de leur intérêt propre. Tantôt ils interviennent, tantôt ils ne font rien. Soit. Mais ce qui me préoccupe dans la crise actuelle du Moyen-Orient, c’est que la politique française n’obéit même pas à ce principe régulateur de l’intérêt et, par lâcheté, travaille contre la France en soutenant, de fait, des régimes chancelants dont il vaudrait mieux souhaiter un effondrement qui sera de toute façon inévitable. Je n’attends évidemment pas qu’on envoie en Iran des chars français pour qu’ils se mettent en position, à Téhéran, autour du siège du gouvernement. Mais si une résistance s’organise, il faut qu’elle sache qu’on attend partout sa réussite.
Les hommes ne se gouvernent pas « par une raison pure et sublime », comme dit Pascal, et dans les grands moments de l’histoire, les idées sont comme les drapeaux qui marquent le sens de la marche et accélèrent le mouvement. Le citoyen français n’est pas directement concerné, et on le voit bien en lisant ce qui s’écrit sur ce site, il en vient à trouver normale une répression en Iran qu’il ne supporterait pas ici. Sa lâcheté est couverte, au sens administratif du terme, par celle d’une politique européenne totalement incohérente et qui soutient, de fait, des régimes pourris lesquels, de surcroît, nous sont explicitement hostiles. Le fait que le peuple iranien puisse se sentir actuellement abandonné voire désavoué, sauf par Israël et l’Amérique, n’est pas fait pour l’encourager à trouver l’énergie qui lui permettra de donner le coup de grâce à la dictature.
