Commentaire de Fedmahn
sur Ces fausses huîtres dont on cache le nom : triploïdes
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@Fergus
J’en mange depuis des décennies maintenant des huîtres, et encore plus pour mon entourage, comme mon père par exemple, avec les triploïdes je pense qu’il faut faire très simple :
Beaucoup trop « musclées » et trop de branchies généralement, la texture n’est pas agréable et la masse bien trop présente en bouche, on sent qu’on mange quelque chose de gros, très gros. Trop. C’est écœurant, et pourtant je n’apprécie pas les huîtres naturelles au dessus des n°3, trop petites pour moi et ne développant assez ni leur chair, ni leur équilibre gustatif. La raison de cette masse excessive est aisément identifiable, c’est leur concept même qui est en cause.
Un goût qui perd la salinité naturelle qui compose le premier goût de nos huîtres régionales, on a droit à une saveur qui tire un peu vers l’oursin d’étang en premier abord, la salinité vient quasi immédiatement ensuite, mais gâchée par cet arrière goût étrange , je ne sais pas à quoi c’est dû, le producteur dit passer exactement par les mêmes process avant commercialisation que les normales, j’ai senti cela sur d’autres triploïdes de deux concurrents. La composition de l’huître triploïde est peut-être mauvaise sur le plan de ce que l’on recherche, justement à cause de la présence de cet excès de masse dont je parle au dessus, peut-être qu’il manque autre chose, peut-être une raison tierce encore, l’huître triploïde ne se développant plus pour se reproduire, elle ne stocke peut-être plus de la même manière ce qu’elle ingurgite. Le problème des branchies en surnombre peut aussi avoir une conséquence sur le goût, c’est très difficile à dire, et certains producteurs manipulent le goût de l’huître lors de l’affinage en bassin.
La forme : elles sont moches. Au moins c’est dit, très facilement reconnaissables à leur forme généralement très proche du paquebot, elles sont très creuses, très bombées, les naturelles sont bien plus plates en comparaison, c’est enfantin de les reconnaître. Notez que sur ce point, beaucoup de producteurs qui tendent vers le « haut de gamme » utilisent de la triploïde, Tarbouriech (en très grande partie) et Gillardeau (100% de la production) par exemple, ils compensent cela par une « préparation esthétique » de leur produit très poussée, comprenant notamment du rabotage intensif de la charnière. Notez que cela induit un gros surcoût... Qui n’est justifié par strictement rien dans le gout, c’est du maquillage.
Plus de variation des saveurs et de l’apparence avec les saisons. Ou si peu, je ne sais même pas, je ne mange plus de ces choses pour ma part, comme la plupart des amateurs que je connais. En plus des points susnommés, c’est une huître qui est lassante. Toujours la même, aucune surprise, aucune variation.
Pour le point concernant les laitances, la plupart des gros amateurs mangent les naturelles en été et voient les laitances comme un plaisir saisonnier. L’huitre triplo est un produit à double vocation commerciale : elle est destinée aux touristes qui n’en mangent pas ou très peu de dehors de leurs vacances estivales en bord de mer, et également au professionnels du secteur travaillant sur de gros volumes, on en revient à Tarbourich, Gillardeau et compagnie, qui veulent proposer un produit ultra normalisé et cela toute l’année.
