Commentaire de argoul
sur La peur au ventre


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argoul (---.---.18.97) 23 novembre 2005 21:33

Très bonne définition des deux termes chez CIAO. C’est en effet une gradation, la peur engendre le rejet et si le rejeté n’apprivoise pas ou est arrogant, on lui prête une différence « de nature » pour se conforter soi-même dans sa « supériorité ». De la xénophobie (xenos en grec c’est l’étranger, le pas comme nous) on en arrive au racisme, affirmation (gratuite) d’une supériorité de « nous » sur « les autres ». La première chose à faire pour contrer tout ça, ce n’est naturellement pas des incantations rituelles style années 60 (j’ai été baigné là dedans comme bien d’autres) - ça ne sert à RIEN. C’est plutôt d’aller voir, de sortir du pays pour voyager et rencontrer les autres peuples. Et si possible pas en bulles climatisées ni en groupes soigneusement préservés du contact, mais véritablement sur le terrain, dans les transports locaux, à pied, etc. Il est nécessaire aussi d’aborder la culture des peuples, on peut le faire sans sortir de chez soi mais mieux vaut éviter la télé, l’image et la préoccupation d’audience insistant sur le spectaculaire, l’étrange et le bizarre. Alors que, lorsqu’on connaît les gens dans leur vie de tous les jours, ils sont très peu différents de nous. Je ne sais plus quel ethnologue très sérieux a fait l’étude des Sénateurs français comme d’une peuplade d’Indiens des Amériques, mais je crois me souvenir que c’était assez réaliste. Tout ça n’est possible que lorsque l’on est assez sûr de soi, ce qui ramène à l’éducation (et les diplômes), au travail (avec salaire) et au projet politique (savoir que le pays est gouverné). Les gens qui savent mal s’exprimer, ceux qui n’ont aucune curiosité pour le reste du monde (même pour le quartier voisin), qui s’ennuient à l’école et oublient comment lire, ont forcément des vues courtes, des préjugés. C’est toujours pareil, comme l’homme est un être qui s’éduque longtemps, seule la pédagogie et les rencontres permettent de surmonter les a priori. Cela demande du temps, des lois, des pédagogues, des hommes politiques responsables, des présidents de fédérations sportives (surtout le foot) qui ne laissent pas faire n’importe quoi. Car la xénophobie « admise » et « revendiquée » la plus courante, c’est encore bien celle du foot ! Depuis les querelles de villages, pas bien méchantes, jusqu’aux tabassages de masse de certains matchs. C’est du même ordre que la discrimination dont on parle tant ces temps-ci. On ne peut laisser faire ici ce qu’on ne veut pas voir ailleurs.


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