Commentaire de Ciriaco
sur Vous êtes connes
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On fait le constat d’un néant social chacun à sa façon. Après l’époque Chirac, on a vu qu’il y avait libre cours pour cela, que non seulement les limites étaient franchies, mais que leur franchissement devenait une matière de l’individualisme hype.
Je vois de plus en plus de paumés dans la rue, de gens malades déambulant, parlant seuls ou criants. Dans chaque tram qui m’amène travailler le matin je vois 1 personne sur 2 captée par son portable. Je regarde youtube ; des gars de 60 balais parlent de leur entrée en contact avec une flotte extra-terrestre, de plus jeunes se cherchent un bruyant piédestal. Il y a quelques mois un patron démissionnaire de Facebook soufflait - et à peine - qu’il reconnaissait avoir participé à quelque chose de très grave du point de vue du tissu social.
Quand les sociologues parlent de post-modernité, mesurons-nous vraiment ce que c’est que de perdre des structures sociales et culturelles.
Pour mieux comprendre, je cherche un livre sur une sociologie actuelle du pays. Deux trouvés, très partiel (un de 2015 l’autre de 2008), rien d’autre. Les datas sont simplement dans les machines et l’actu s’écrit 24/24 sur d’autres qui font de la monnaie. Pendant ce temps les institutions se privatisent et servent leurs maîtres et amis - le rêve qui n’a jamais quitté les avides.
A part ça, le néant. La Maison du Peuple de mon quartier ressemble à un cimetière et le seul café associatif de la ville part en couille. Les immeubles couleur métal poussent et masquent définitivement tout horizon, tout espace, les entreprises Bouygues s’affichent fièrement à coup de pots de vin et bientôt nous aurons des cinémas Amazon et Google.
Dystopie ? Grave.
Je prends un livre, je rêve de pouvoir le partager, Bachelard et la flamme de la chandelle, je soupire le dos courbé, avant d’aller me coucher pour reprendre le boulot demain.
