Commentaire de foufouille
sur Que Louis Lumière soit !
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"L’Étiquette bleue fait la fortune d’Antoine et de ses six enfants. À
l’usine, les conditions de production sont terribles. Les plaques sont
« mises à la sauce », c’est-à-dire enduites à la main par des ouvrières
plongées, durant les premières années, dans le noir complet, éclairées
par la seule lumière orange foncée (afin de ne pas impressionner
accidentellement l’émulsion qui est insensible aux radiations rouges).
La lumière rouge provoquant des aberrations de la vision chez ces
ouvrières, la lumière verte lui succède. Louis met toute son imagination
au service de la fabrication et invente des machines pour compenser la
dureté du travail des ouvrières. Dans les nombreux ateliers, la
poussière est l’ennemie numéro 1. Les ouvrières portent des pantalons de
toile bleue et une vareuse serrée à la taille et boutonnée jusqu’au
cou, que la société entretient. Leurs cheveux qu’à l’époque encore les
femmes portent longs, sont remontés en chignon serré strictement. Les
enfants peuvent travailler dès 10 ans (une nouvelle loi interdit de les
engager avant). Les 300 personnes employées à Montplaisir sont mal
payées, mais, « parce qu’il n’y a pas d’octroi à
Montplaisir (ndlr : l’octroi était l’équivalent de notre moderne TVA),
le pain, le hareng, les loyers y sont moins chers qu’à La Guillotière, Montchat
ou Lyon. Ici, on sait que les Lumière ne réclament pas de formation.
Pour l’atelier des plaques, par exemple, ce n’est pas la peine de savoir
lire ni écrire. Les deux frères et leur père ont horreur des ”gens à
diplômes“. Ils embauchent les habitants du quartier, toujours sur
recommandation, et les forment eux-mêmes. » 7"
