Commentaire de Christian Labrune
sur La Question du Siècle
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La levée des sanctions aura permis à l’Iran de récupérer des sommes considérables gelées par les banques occidentales. Cet argent, au lieu de servir à améliorer les conditions de vie des Iraniens, aura surtout permis de financer les avancées hégémoniques dans les pays voisins du Moyen-Orient, et de financer les pires formes du terrorisme.
Ce qui est extrêmement préoccupant et quasi inexplicable, c’est la profonde imbécillité de la position des Européens. Sans leur soutien empressé, le régime s’effondrerait ou se trouverait vite aux abois, comme celui de la Corée après les sanctions décidées par les Américains et surtout les Chinois. Cette obstination est d’autant moins explicable que de grandes entreprises comme Total, Airbus, et même Peugeot qui exporte peu vers les Etats-Unis, paraissent préférer se retirer de l’Iran. Elles y perdront, mais beaucoup plus à long terme si elles continuent à collaborer avec un régime pourri. Un article de Spartacus, sur ce site, il y a deux ou trois semaines, rapportait un propos de Zarif dont la presse américaine s’était fait l’écho mais dont on ne trouve pas de trace dans les media français. Ce ministre de la République islamique déclarait que si les Européens renonçaient à commercer avec l’Iran et donc à soutenir le régime, on publierait les noms des politiciens européens qu’on avait arrosés pour obtenir les accords de Vienne, et les sommes qu’ils avaient reçues. Déclaration bizarre, qui justifierait Trump si elle était prise au sérieux. Elle devrait en pareil cas induire les décideurs européens à rejoindre la position américaine SI elle était fausse. Mais SI elle était vraie, on comprendrait mieux qu’en Europe personne n’ait voulu entendre une telle phrase et encore moins la commenter.
Difficile de s’arrêter à une explication de style complotiste qui expliquerait tout et qui serait vraiment trop simple. L’hypothèse de la connerie est souvent bien préférable, mais en la circonstance, c’est à un véritable Himalaya de la connerie qu’on se trouverait confronté !
