Commentaire de velosolex
sur Drôle de citoyen


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velosolex velosolex 11 juin 2018 20:09

@Ciriaco
Thoreau est bien sûr le grand ancètre. Ce livre écrit il y a presque deux siècles préfigure une sensibilité moderne de dépouillement, proche de la nature ! « les clochards célestes » de Kerouac m’avaient ébloui eux aussi pour cette même soif de pureté, un témoignage exalté, dans cet cabane en haut de la montagne, où il doit faire un boulot de surveillance d’incendie. Ses propos parfois loufoques et allumés, ou alterne sa fascination pour le zen, et son copain Gary Snyder, un poète qui l’a initié à cette discipline, restituent au mieux le regard magnifié de l’homme vivant à certaines hauteurs. Je me souviens d’une phrase particulière : « Au grenier, les rats dormaient d’une sagesse millénaire. 

Le thème du refuge dans la cabane n’est pas nouveau. London s’en est emparé aussi. Beaucoup d’écrivains ont construit au fond de leur jardin souvent une sorte d’abri, très réduit, où ils pouvaient se resserrer autour de leur imaginaire. Je pense à Simenon, et à Dahpné du Maurier, qui est certainement l’écrivaine dont l’inspiration vient le plus des maisons, ces lieux hantés.
J’ai passé une mois dans une cabane de feuillages accrochée à l’Himalaya, pendant l’hiver 75 , vécu trois mois dans une grotte en Provence, gardé un refuge dans les hautes alpes. Je connais donc assez bien ces thèmes d’abandon, et de confrontation avec soi même. Est ce peut être pour cela que je trouve que ce livre de Tesson me semble un peu formaté, et que je préfère »les chemins noirs« , qui me semble plus authentique. Car c’est vrai les élucubrations de quelqu’un faisant se genre d’expérience sans média, et sans filet de secours me semble bien plus profondes. C’est pour cela que »les chemins noirs", qui relève de l’expérience de l’écorché, du convalescent, me semble bien plus intéressant.

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