Commentaire de Christian Labrune
sur Le Cheikh d'Al-Azhar et l'Autonomisation des Jeunes
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à l’auteur,
Mieux vaut tard que jamais, et on ne va pas condamner des orientations nouvelles qui paraissent aller dans le bon sens, mais cela vient tard. Al Azhar aurait bien pu lancer quelques fatwas qui eussent exclu le Califat de la « vraie religion » dont elle prétend garantir la doctrine, mais elle s’en est très bien dispensée, alléguant le risque du takfirisme. La décapitations, les crucifixions, le génocide des Yézidis, n’auront suscité que de bien faibles critiques parce qu’il fallait ménager l’avenir et que le Califat qui avait démarré sur les chapeaux de roues, paraissait avoir le vent en poupe. S’il avait pu s’étendre, quelle victoire définitive pour l’islam ! La seule condamnation un peu vive aura été celle de l’exécution par le feu d’un pilote jordanien. Brûler des mécréants ou des associateurs, passe encore, mais brûler un musulman, il n’en saurait être question : c’est haram.
La situation et le rapport des forces ont changé. L’islam ne pourra subsister qu’en consentant à devenir un simple folklore, comme les autres monothéismes, et c’est ce qu’un ben Salmane a parfaitement compris. On vient en Egypte de condamner à mort une soixantaine d’islamistes qui furent les meilleurs soutiens de Morsi et de ses « Frères ». Sale temps pour les islamistes ! Et je crains fort que ces nouvelles orientations d’al-Azhar n’aient donc rien de vraiment spontané. Elles sont probablement forcées et contraintes, résultant des pressions constamment exercées par le régime d’al-Sissi qui ne veut plus entendre parler des Frères musulmans et qui a dès longtemps exigé d’al-Azhar une révision des principes répandus dans les manuels pédagogiques servant à l’instruction des jeunes.
La menace iranienne qui fait voir dans tout le Moyen-Orient sunnite l’horreur d’une interprétation littérale du Coran (l’objectif de l’Iran, c’est toujours un Califat mondial) oblige à un certain réalisme, et à un changement des orientations. Cela vaut dans la péninsule arabique, mais c’est très lent à se mettre en place : la rue arabe crétinisée depuis près d’un siècle par la doctrine d’al-Banna poussée par Qutb jusqu’à ses dernières conséquences est encore aussi dangereusement fanatisée que peuvent l’être ces malheureux qu’on recrute dans les pires des sectes qui promettent le paradis pour demain.
Pendant que la péninsule arabique, l’Egypte et peut-être la Jordanie s’orientent lentement vers les lumières, la Turquie islamo-fasciste d’Erdogan s’enfonce progressivement dans le plus profond obscurantisme, et il en va de même dans les pays du Maghreb et même en France où les Frères musulmans de l’UOIF ont pignon sur rue, conseillent le grand benêt de l’Elysée. Dans peu de mois, les femmes d’Iran allumeront des feux avec les sacs à patates sous lesquels, pendant quarante ans, on les aura obligées à se cacher, évidemment imitées aussitôt par les saoudiennes. Comment réagiront alors les Françaises voilées de nos banlieues ? La France, pays des Lumières, sera peut-être bien, à cause de l’extrême lâcheté de ses gouvernants, le dernier bastion de l’islam médiéval.
