Commentaire de Christian Labrune
sur Une petite vermine
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Interdiction de « doubler » une classe, disparition de
l’examen d’entrée en classe de Sixième, disparition du Certificat
d’Etudes Primaires etc. autant de paliers destinés à vérifier
l’acquisition de connaissances fondamentales qui se résumaient à tout
autre chose que savoir lire, écrire et compter et qui pouvaient augurer
d’un enseignement scolaire fluide.
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@Renaud Bouchard
On insiste toujours, à juste titre, sur le principe de la séparation des pouvoirs dans une démocratie. On ne dicte pas aux magistrats, en principe, et selon les exigences contingentes du politique, les jugements qu’ils doivent rendre, lesquels ne découlent que de la juste interprétation du droit. Le même principe devrait évidemment s’appliquer aussi lorsqu’il s’agit de l’instruction publique et des examens. Evaluer le niveau de culture des élèves, décider s’ils sont capables ou non de passer dans la classe supérieure ou s’ils ont bien les connaissances qui permettent l’obtention d’un diplôme, c’est évidemment la prérogative incontestable des seuls professeurs.
Or, c’est le ministre Chevènement, au retour d’un bref séjour au Japon, qui aura arbitrairement décidé que 80% d’une classe d’âge devait pouvoir accéder au « niveau du bac ». Pourquoi seulement 80% et pas 100% ? Pourquoi accepter le sacrifice de 20% d’une classe d’âge et consentir à une telle inégalité ? Pendant qu’il y était, il aurait pu tout aussi bien imposer l’idée que les hommes naissent libres et égaux en droit, et bacheliers.
Bref, c’’était idiot ; c’était présupposer que la divine Pédagogie servie par des thaumaturges du genre Meirieu, était capable de faire des miracles. Certes, l’objectif aujourd’hui est à peu près atteint quand on regarde les statistiques en fin d’année scolaire, mais le bac ne vaut plus rien, ne garantit plus aucun niveau de culture. Le tonnelier Barthas, qui a raconté son expérience de la guerre après 1918, muni d’un simple certificat d’études, était plus capable d’écrire correctement - et même avec un certain talent -, et donc de penser intelligemment, que bien des étudiants égarés aujourd’hui dans nos universités.
Si on renonce à la sélection, il n’y a plus d’enseignement possible, et l’émulation ne tarde pas à s’inverser. Un jour, dans la banlieue, à un élève qui divertissait les autres, j’avais dit : « mais arrêtez donc de faire le bouffon ! ». A la fin du cours, livide, il était venu me voir : « Pourquoi que vous m’avez insulté ? » - Vous aurais-je insulté ? - Vous m’avez traité de « bouffon ! ». Ce jour-là j’ai appris que dans les banlieues le « bouffon » n’était pas l’aimable plaisantin qui divertit ses camarades, mais un ignoble et méprisable lèche-cul, lequel s’efforce, en travaillant et en faisant des efforts, de donner satisfaction à ses professeurs. Le véritable héros de l’école d’aujourd’hui, c’est probablement celui qui incendiera un établissement scolaire.
« Quand j’entends le mot culture je sors mon révolver ». On prête à des nazis (son origine est controversée) cette phrase abominable. Il me semble qu’elle vient , cette fois, d’être illustrée avec la plus parfaite exactitude.
