Commentaire de Étirév
sur Pierre-Joseph Proudhon : une troisième voie entre Karl Marx et Adam Smith


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Étirév 10 juin 07:00

Joseph Proudhon et la morale : complément et point de vue à propos de la femme
Proudhon soutient qu’au point de vue moral, comme au point de vue physique et intellectuel, la femme ne saurait être l’égale de l’homme. « Sa conscience, dit-il, est plus débile de toute la différence qui sépare son esprit du nôtre ; sa moralité est d’une autre nature ; ce qu’elle conçoit comme bien et mal n’est pas identiquement le même que ce que l’homme conçoit comme bien et mal, en sorte que, relativement à nous, la femme peut être qualifiée un être immoral.
« Elle est toujours en deçà et au-delà de la justice ; l’inégalité est le propre de son âme ; chez elle, nulle tendance à cet équilibre de droits et de devoirs qui fait le tourment de l’homme. Elle aime, par-dessus tout, les distinctions, les préférences, les privilèges ; son esprit est antimétaphysique, sa conscience antijuridique. Son infériorité morale s’ajoute à son infériorité physique et intellectuelle ; car elle en est une suite nécessaire.
« Qui produit chez l’homme cette énergie de volonté, cette confiance en lui-même, cette franchise, cette audace, toutes ces qualités puissantes, que l’on est convenu de désigner par un seul mot, le moral ? Qui lui inspire, avec le sentiment de sa dignité, le dégoût du mensonge, la haine de l’injustice et l’horreur de toute domination ? Rien autre que la conscience de sa force et de sa raison ; c’est par la conscience qu’il a de sa propre valeur, que l’homme arrive au respect de lui-même et des autres, et qu’il conçoit cette nature du droit, souveraine et prépondérante en toute âme virile. »
Proudhon oublie, ou ignore, que la dignité c’est la conscience de la force morale, non de la force physique.
Un autre de ses reproches c’est l’inconsistance du caractère féminin.
« Cette inconsistance, a-t-il dit, se trahit surtout dans les amours de la femme. On prétend que les femelles des animaux, par je ne sais quel instinct, recherchent les vieux mâles, les plus méchants et les plus laids ; la femme, quand elle ne suit que son inclination, se porte de même. Sans parler des qualités physiques, à l’égard desquelles elles sont sujettes aux caprices les plus étranges et pour rester dans l’ordre moral, puisque c’est du moral qu’il s’agit, la femme préfère toujours un mannequin joli, gentil, bien disant, conteur de fleurettes, à un honnête homme. La femme est la désolation du juste ; un galantin, un fripon, en obtient tout ce qu’il veut. »
Et c’est le même homme qui, cependant, a dit :
« La femme, seule, sait être pudique, l’impur est hors de son sexe. Si l’élément féminin vient à dominer ou seulement à balancer l’élément masculin, les sociétés humaines rétrogradent.  »
C’est pour cela, n’est-ce pas, que les pays comme la Turquie, ou la femme n’est rien, sont devenus prospères. Que les pays comme les Etats-Unis, où la femme se manifeste, sont tombés dans la barbarie ?...
Le système de réflexion sexuelle que Proudhon emploie est si complet que c’est lui qui a osé dire que ce qui constitue la supériorité de l’homme sur la femme, c’est la résorption du sperme, c’est-à-dire tout le contraire de la vérité, puisque c’est justement cet acte qui fait l’infériorité de l’homme. S’il le grandissait, il faudrait le glorifier et y pousser la jeunesse.
Combien de semblables arguments contre la supériorité morale de la femme, prouvent l’infériorité de ceux qui les emploient.
Rappelons, pour finir, que les luttes de sexes séculaires, et qui durent encore aujourd’hui, sont la véritable histoire morale de l’humanité. Ce sont elles qui ont créé les douleurs du monde et non les luttes de classes.
Ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent


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