Commentaire de Surya
sur Démissions des professeurs : le bilan social du ministère de l'éducation nationale (2019)


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Surya Surya 13 juin 2019 09:42

« Il est croustillant de comparer la situation française avec celle de nos amis britanniques. Le Royaume-uni reconnait 8% d’enseignants démissionnaires par an (!), en énonçant sans détour les raisons : trop de travail, hiérarchie abrutie, dévalorisation... En France, cela correspondrait à 68000 démissions chaque année. »


N’oublions pas qu’il est beaucoup plus facile de retrouver du travail au Royaume Uni qu’en France si vous démissionnez de votre poste. Dans les pays anglosaxons, même un échec est considéré comme formateur, et même si vous avez décidé de quitter un job, on vous autorisera à valoriser l’expérience acquise au lieu de vous culpabiliser ou penser que vous êtes nul parce que vous avez échoué.

Je pense qu’en France, beaucoup d’enseignants ne démissionnent pas en partie parce qu’ils pensent qu’ils ne savent rien faire d’autre, et ne savent pas quoi faire d’autre.


De plus, il me semble, selon mes observations personnelles, que les Britanniques n’hésiteront pas à prendre un job, même ce qu’on appelle communément un petit boulot, n’ayant rien à voir avec leurs compétences le temps de retrouver un emploi qui soit vraiment en adéquation avec ce qu’ils recherchent. En France, les gens auront plutôt tendance à se dire qu’ils ne vont tout de même pas faire ce boulot là, ils attendront (parfois indéfiniment) de trouver le job idéal. C’est dommage parce que tout travail offre de bonnes expériences de vie, ça apporte toujours quelque chose, du moins tant que l’ambiance au boulot est bonne et les collègues sympas.


Donc il y a moins de peur de démissionner d’un emploi qui ne vous convient pas au Royaume Uni. Nous avons parfois ici des nouvelles de personnes qu’on connait mais qu’on ne voit pas forcément très souvent, et on apprend que cette personne a quitté tel poste parce qu’il/elle en avait assez. Je n’ai jamais entendu dire que ces gens ne sont pas rapidement retombés sur leurs pieds.


Je ne dis pas qu’il n’y a pas de manipulation des chiffres en France, mais je pense donc qu’il ne faut pas oublier le facteur « hésitation » auquel les enseignants français sont confrontés. Que les chiffres des démissions soit nettement plus bas en France ne m’étonne donc pas : c’est extrêmement risqué de démissionner en France, surtout d’un boulot qui vous offre la garantie de l’emploi à vie, et d’une administration qui vous infantilise du matin au soir, et donc vous fait peu à peu perdre confiance en vous. Probablement fait exprès pour mieux « tenir » les gens. 


Je le sais parce que j’ai une amie instit en France, qui ferait mieux de démissionner (mais je ne lui dis pas ça, ce n’est pas à moi de lui dire ce genre de choses), vu ce qu’elle me raconte de l’institution et du boulot en lui même, et vu dans quel état elle est, mais je suis sûre qu’elle ne le fera jamais, par peur, et par résignation.


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