Commentaire de Et hop !
sur La force des opprimés
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Cet article est plein d’inexactitudes historiques et d’anachronismes.
« On peut sans doute, pour l’anecdote, remarquer qu’en 1833, c’est le protestant François Guizot qui est l’auteur de la première grande loi destinée à permettre un véritable développement de l’instruction primaire. »
L’enseignement primaire public gratuit et obligatoire pour tous les garçons et les filles qui existait déjà sous Louis XIV, il a été supprimé par la Révolution, recréé ensuite par des congrégations, et François Guizot a commencé à légiférer à ce sujet.
Il y a plusieurs ordonnances et déclarations de Louis XIV qui imposent dans toutes les paroisses de France
— aux municipalités et aux communautés d’habitants de 1°) recruter un maître d’école, et une maîtresse d’école quand il y a population scolaire suffisante pour enseigner séparément les garçons et les filles ; 2°) de leur fournir une maison et des gages minimums ; 3°) De lever sur tous les habitants une taxe pour fournir aux dépenses (car les petites écoles étaient gratuite) ;
— aux parents d’envoyer leurs enfants jusqu’à 14 ans à l’école pour apprendre à lire, écrire et compter, sous peine d’amendes ;
— aux curés de dresser chaque année la liste de tous les enfants de leur paroisse en âge d’être scolarisés, de préciser ceux qui ne fréquentent pas l’école, et parmi eux ceux reçoivent déjà une instruction par ailleurs à domicile ou dans un collège, et de l’adresser à leur évêque ; aux grands vicaires de vérifier ces listes et de signaler au procureur du roi les enfants qui ne sont pas scolarisés ; les curés ne faisaient pas l’école mais le catéchisme.
Les maîtres et maîtresses d’écoles étaient soit des laïcs membres des communautés de métiers (corporations) de maîtres écrivains des villes avoisinantes, soit des membres des nombreuses congrégations enseignantes, parfois laïques comme les Frères des écoles chrétiennes fondés par Jean-Baptiste de La Salle, soit religieux comme les Chanoinesses-de-Saint-Augustin (Congrégation Notre-Dame) fondée en 1597 par Alix Clerc, les Ursulines, les Bénédictins, les Oratoriens, les Jésuites, etc...
Donc l’école publique, gratuite et obligatoire pour les garçons et les filles existait déjà sous Louis XIV. Elle a été supprimée par la Révolution française qui a vendu comme biens nationaux tous les bâtiments des petites écoles (écoles primaires), des collèges (Lycées) et des universités (facultés de droit, de médecine,..).
Après la Révolution, l’enseignement primaire a été reconstitué par les Frères des écoles chrétiennes qui ont mis au point toutes les méthodes, les programmes et les manuels scolaires de l’enseignement primaire (lecture, grammaire, arithmétique, leçons de chose, géographie, histoire). Ces manuels et ces programmes ont été copiés sous la IIIe République lorsque les congrégtions ont été interdites d’enseignement et remplacées par des instituteurs laïcs.
En France, l’enseignement primaire a été entièrement inventé par les Frères des écoles chrétiennes, et l’enseignement secondaire, avec ses 6 classes de niveaux numérotées de 6 à 1, avec la notation sur 20, avec l’introduction au XVIIIe siècle d’un enseignement de la physique, de la chimie, de l’histoire naturelle (Sciences de la vie).
L’école publique est entièrement une création de l’église catholique, Luther et Calvin ont été instruits gratuitement dans des écoles fondées par l’Église.
C’est normal puisque le Clergé a été à l’origine la catégorie professionnelle des clercs qui se définissent comme l’ensemble des gens qui travaillent dans le domaine de l’écrit, les clercs sont ceux qui écrivent, leur apprentissage nécessitait d’apprendre à lire et écrire, à rédiger, etc.
Il faut savoir que pendant des siècles, plus 95 % de la population était paysanne ou vivait dans les campagnes et qu’il n’y avait n’avait aucune nécessité ou occasion de lire, il n’y avait pas de magazines, les livres étaient très chers, il n’y avait pas de démarches administratives et de formulaires à remplir, ni de publicité écrite, ni de service des postes. Malgré cette inutilité pratique, il y avait en 1789 au moins 50 % des hommes et des femmes campagnes qui savaient écrire, avec une prédominance des femmes.
