Commentaire de Vivre est un village
sur Des philosophes pas immunisés (contre la sottise)


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Vivre est un village Vivre est un village 18 mars 2020 15:58

@Vivre est un village

Le cas de la recherche, bien sûr est différent, mais pas moins illustratif : on a pu lire ce témoignage de Bruno Canard, spécialiste au CNRS des coronavirus (4), qui raconte les merveilles de la gestion de la recherche «  par projet  » : incapable de continuité de long terme, soumise aux aléas des sujets «  sexy  » et aux fluctuations de la mode, soumettant les chercheurs à l’inepte bureaucratie des appels d’offre. Bref : sa recherche sur les coronavirus entamée au début des années 2000 a été mise en cale sèche, privée de financement par le revirement des tendances du glamour académique-institutionnel. En matière de recherche, par définition, on ne sait jamais quoi débouche quand comment, mais on se dit tout de même qu’avec quinze ans de continuité on en saurait un peu plus. Comme à l’hôpital : sitôt la parenthèse fermée, la destruction managériale poursuivra, c’est-à-dire : on surréagira en mettant le paquet sur les coronavirus, mais en asséchant d’autres recherches dont l’utilité perdue n’éclatera que dans une décennie.

L’école, c’est encore autre chose. Normalement lieu de l’éducation à la prophylaxie en temps d’épidémie, les enseignants s’interrogent pour savoir si ce serait trop demander que de disposer de savon et d’essuie-main… À propos de lavage de mains, on pense aux injonctions médiatiques quotidiennes, alors qu’il n’y a plus nulle part un flacon de gel hydro-alcoolique, la main invisible du marché doit avoir momentanément de l’arthrite, ou alors avoir été requise ailleurs. Pendant ce temps le gouvernement se refuse à fermer les écoles, quitte à ce que les mioches porteurs sains aillent répandre le virus un peu partout, et non pas parce qu’il importe de maintenir la vie sociale dans une approximation de normalité mais parce qu’il importe surtout que les salariés restent rivés à leur poste, exposés ou pas, malades ou pas, ça n’est pas la question. Moyennant quoi Blanquer explique benoîtement devant des journalistes qui ont le répondant d’une chambre à air que les écoles restent ouvertes «  parce qu’il faut que les infirmières puissent aller soigner les gens  » — les infirmières : 2% de la population active, bravo Jean-Michel.


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