Commentaire de Thierry Gourvénec
sur Après la Révolution : le procès d'« Ubu » Macron
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Oui, évidemment c’est le scénario qu’on espère.
Mais il s’agit bien de fiction. Etait-il nécessaire de nous le préciser ? Ton écriture est pourtant assurée, ta main ne semble pas trembler... Ne semble pas... En fiction quel est le danger ? Xavier Azalbert n’en a pas voulu ? Ubu a porté plainte contre le caricaturiste niçois, et a perdu. Mais il s’est bien gardé de chercher des poux au colonel Amiot (Messieurs, je ne vous salue pas car un militaire ne salue jamais des criminels). Ubu est désormais bien faible. Même sa femme serait en train de le lâcher, peut-être face à l’horreur des crimes qu’elle a fini par discerner. Et sans elle il n’est rien.
Ouvrir les portes par la fiction après avoir proposé de marcher « symboliquement » sur l’Elysée, ne relève donc guère d’un plus grand danger. Et dans cette dynamique, la trilogie lacanienne — l’imaginaire, le symbolique et le réel - semble en bonne voie de se faire jour. L’avenir nous le dira. Samedi, quelque soit la décision du Conseil constitutionnel (et ils ont donc tout intérêt à prendre la bonne décision), ta prophétie pourrait bien se réaliser.
Une bien belle fiction donc, mais que tu n’as pas voulu parfaire.
C’est dommage. Car l’avocat général aurait pu alourdir les charges de
l’accusé en lui reprochant d’avoir transgresser un véritable tabou en
politique, non dit mais bien réel, celui d’instrumentaliser la peur
épidémique. Déclenchant par là même un processus délirant collectif dont
personne n’a aucune idée de ce qu’il va produire. Le déclenchement de
ce délire collectif est un acte d’accusation en soit. Il aggrave
lourdement le cas de cet apprenti-sorcier.
Il reste à espérer que l’avenir sera tel que tu le dessines. Mais le
plus sûr moyen du succès réside dans une attitude vertueuse et sans
faille du respect des alliés de résistance, sans quoi les forces peuvent
se dissoudre du jour au lendemain.
Ce texte pourtant remarquable
libérant les énergies s’est privé d’une dimension qui finalement
peut-être manquera. Edgar Morin ne s’exprimerait pas tout à fait comme
tu le décris. Désormais bien au courant de la chose, il parlerait de la
bouffée délirante collective.
Je m’attache à diffuser cette fiction pour lui donner toutes ses chances de passage de l’imaginaire dans le réel. Et personnellement j’encourage tout le monde à en faire de même quel qu’en soient ses imperfections.
[Vu la gravité de la situation, les polémiques sur De Gaulle sont, à ce titre, parfaitement hors de propos (néanmoins n’aurais-tu pas dû éviter de les susciter à ce stade du combat ? Il y a un temps pour tout...)]
