Commentaire de velosolex
sur Ma rencontre avec Camus (2)


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velosolex velosolex 25 janvier 12:50

Ce livre finalement ne pouvait faire plaisir qu’aux colons. Si c’est un réquisitoire sur la peine de mort, il n’est absolument pas représentatif de l’écart des jugements que la justice faisait entre les différentes types de population. 

Voilà j’ai repli la plume sur ce sujet riche. Car ce roman nous interroge sur notre cécité. Le soleil que Meursault a dans les yeux, et qui le trouble un brin, et dont Daoud parle, comme un fait non exploré, un brin facile, pour masquer ce qui ne peut être dit, ne nous a t’il pas masqué à nous aussi une part de vérité refoulée du livre, qui continent d’autres livres, et non dits ?

Il faut faire l’apologie du mauvais lecteur. Enfin pour moi plutôt du « bon lecteur », du rebelle, celui qui ose aller contre la doxa dominante, de la compréhension imposée par l’auteur, les critiques. J’ai entendu d’ailleurs une émission dernièrement à la radio, qui m’a ravi. C’est une apologie de la liberté, une invitation à interpréter un livre comme on l’entend, de se débarrasser des œillères qu’on veut nous imposer. « L’étranger » est un bon modèle d’interprétation multiples. 

C’est quelque chose que j’ai toujours entretenu. Mais très mal reçu. on vous refuse de penser que « Bouvard et Pécuchet », par exemple puisse se voir non pas forcément comme une condamnation de l’amateurisme, au travers des expériences désastreuse de deux compères, mais comme un roman célébrant l’amitié résistant aux épreuves, et aussi sur la passion d’apprendre, et sur la capacité de résilience. Un lecteur est à égalité avec l’auteur. Chacun apporte des éléments pour le résultat final. 

Mais cette éloge des vues croisées, est maintenant dans l’esprit du temps. On ose déconstruire des chefs d’œuvres hier inattaquables pour monter qu’il y a plusieurs voies d’accès au sommet. C’est comme ça qu’une œuvre est toujours vivante. 

« Tout lecteur s’est un jour inquiété de ceci face à un texte : comment bien lire ? Il est étonnant que personne ne se demande comment mal lire. C’est pourtant loin d’être une évidence. Il faut de l’art, de l’adresse, de la ruse pour pratiquer une mauvaise lecture véritablement inspirée. Une fois cela admis, vous cesserez de faire uniquement de la lecture une expérience de l’interprétation objective, de la collaboration avec le texte, de l’ordre, de la patience, de la concentration. Laissez-vous envahir par vos passions, laissez flotter votre attention, lisez de travers, sautez des pages. C’est ainsi que vous transformerez ce que vous lisez pour le réinventer. Vous en conviendrez alors : la mauvaise lecture est souvent une excellente manière de lire. » critique du libre sur l’éloge du mauvais lecteur"


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