Commentaire de eddofr
sur L'abomination des expulsions locatives
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J’ai été un petit propriétaire loueur et j’ai travaillé pour un propriétaire loueur relativement important (il employait trois personnes pour gérer son patrimoine locatif, ce qu’il signifie qu’il gagnait au moins de quoi verser trois salaires, en plus de faire vivre sa famille des loyers.
J’ai aussi eu la malchance d’être victime de squatters, c’est à dire de personnes qui occupe un local sans autorisation ni droit (donc pas des locataires qui ne paient plus mais des gens qui pénètrent par effraction et s’installent « de force »).
En tant que propriétaire loueur, j’ai subi quelques désagrément ponctuels, mais, globalement, en étant prévoyant et en gardant toujours en tête qu’en moyenne vous perdrez 10% des loyers (pour x raisons, logement vacant, départ sans payer les derniers loyers, dégâts, ...) c’est un investissement rentable, à la condition d’être présent.
Un propriétaire qui entretient de relations avec son ou ses locataire, qui se présente lui-même pour l’encaissement des loyers, qui sait réparer un robinet qui fuit et vient le faire lui-même sans délai (même si ce n’est qu’un joint à changer), qui s’intéresse à la situation de ses locataires et leur propose des solutions, des alternatives, dés que leur situation devient problématique, etc ...
Dans la plupart des cas, on arrive à arranger les choses. Il faut un peu faire l’assistante sociale, savoir sacrifier un ou deux mois de loyer impayés, et savoir « insister gentiment, encore et encore ».
Le propriétaire absent, celui qui délègue à une agence de gestion, l’investisseur PINEL ou DE ROBIEN, celui-là a intérêt à prendre une bonne assurance !
Par contre, j’ai connu les squatters, et là c’est une tout autre histoire.
Pour faire court, j’achète une maison en prévision d’une mutation.
La maison n’est sensée rester vide que quelques semaines.
Sauf que quand je viens pour la préparer (un grand nettoyage, un coup de peinture, ...) des gens se sont installés, ont changé les serrures et ont même souscrit des abonnements eau, gaz, électricité.
J’ai tout bien fait dans les règles, il n’y avait que des adultes, pas d’enfants, ils ne sont partis qu’au bout de 4 ans, en me laissant une maison « en ruine » (murs éventrés, plomberie arrachée, tout ce qui pouvait être démonté emporté, ...).
Le pire c’est qu’il n’ont même pas été expulsés, ils sont partis parce qu’ils étaient poursuivi pour des faits criminels (j’ai jamais su si c’était du trafic ou de la prostitution).
Ma conclusion, est double :
1) L’expulsion DOIT exister et elle doit être obtenue beaucoup, beaucoup plus rapidement quand elle est justifiée.
2) Dés lors que le droit au logement existe, l’état, la collectivité, doit l’assumer et pas l’imposer à UN propriétaire :
— Combien de fois la préfecture refuse-t-elle de prêter main forte à une expulsion parce qu’il n’y a pas de « solution de relogement » ?
— Combien de fois ai-je entendu des services sociaux dire à un propriétaire « mais vous pouvez bien »passer« sur un ou deux mois de loyer impayé pour repartir sur de bonnes bases » ?
— Combien de fois un propriétaire a appris, presque par hasard, avec trois ou quatre semaines de retard que son logement était libéré parce que ses « locataires » s’étaient vus attribué un HLM et s’est aperçu que le logement était resté « ouvert à tous les vents » pendant ce délai ?
