Commentaire de Séraphin Lampion
sur L'école à la base de tout ?
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Depuis 1789, on est passé d’une « éducation libérale » sélective vouée à la formation d’érudits faisant progresser les connaissances, à une école « émancipatrice » qui était censée fournir à la république des « citoyens éclairés ». Ensuite, on a attribué à l’école le soin de préparer les jeunes à la vie active. Ces trois orientations se sont développées sur le mythe de « l’égalité des chances » : le caractère « démocratique » de l’école reposerait sur des conditions d’accès et de fonctionnement, égales pour tous.
Or, Tocqueville disait déjà : « en n’accordant à personne de privilège, en donnant à tous d’égales lumières et une égale indépendance, l’inégalité naturelle se fera bientôt jour et la richesse passera d’elle-même du côté des plus habiles ». Il était en fait bien optimiste, puisqu’on peut constater que, école ou pas, Bourdieu et Passeron ont expliqué dans « Les Héritiers » comment fonctionne réellement « l’inégalité des chances ».
Mais les enseignants aiment bien se complaire dans l’illusion pédagogique.
