Commentaire de Mélusine ou la Robe de Saphir.
sur Comprendre à se connaître dans la vie - Dépasser l'immédiateté d'exister


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Pourquoi l’animal ne peut penser ? Parce qu’il n’a pas conscience de sa mort. C’est la mort qui activite les neurones (lélecricité de la pensée). Tant que je pense, je suis en vie.... Voilà pourquoi le Transhumanisme signe la mort de la pensée. Derrière chaque act de pensée se cache la crainte de la mort. Afin de donner un sens, une ecplication à la vie Le retour du efoulé, ce n’est que le retour de nos morts qui nous demande une dette puisque vous êtes encore en vie.... Ce n’est pas : je pense donc : je suis. Mais je pense donc je vis. L’économie psychique développée par Freud est marquée par cette attraction vers la mort. De ce point de vue, une symétrie existe entre les approches freudienne et nietzschéenne. Pour Freud, proche en cela de Schopenhauer, « Le but de toute vie est la mort » (Freud, 1920, p. 310) et la vie simple « détour menant à la mort », alors que pour Nietzsche la mort est au service de la vie. Cette finalité est sensible dans la trinité présentée par Nietzsche dans son Zarathoustra sous la forme du chameau, du lion et de l’enfant (le porteur, le destructeur et le créateur de valeurs), cette trinité rappelant celle de l’hindouisme avec Brahmâ, Vishnou et Shiva. Le film Blade Runner, réalisé par Ridley Scott en 1982, met en scène cette interrogation ; il est inspiré du roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (1979). Ce film retrace l’histoire de la traque à mort d’androïdes, dits « réplicants » (de clones, dirait-on aujourd’hui), par un blade runner (sorte de policier spécialisé dans le « retrait » de réplicants). Ces réplicants incarnent parfaitement l’être-pour-la-mort heideggérien car leur mort programmée, mais dont la date leur est inconnue, les jette dans l’angoisse du monde et les rend par là même vivants. Le film nous plonge au cœur de l’interrogation « qu’est-ce que mourir ? » et « qu’est-ce que donner la mort ? » Ainsi Rachel, réplicante, demande à Deckard, policier joué par Harrisson Ford : « N’avez-vous jamais retiré un humain par erreur ? » Cette angoisse devant sa propre finitude et devant le fait de faire soi-même l’objet d’une comptabilité mortifère inaugure une tension proprement vitale. Le robot, lui, est indifférent à sa mort, qui n’est que la fonction programmée de sa mise au rebut. Les androïdes de Blade Runner éprouvent des sentiments, c’est-à-dire une angoisse mortifère qui est un désir moteur. Ils recherchent alors à prolonger la vie et à transmettre leurs souvenirs et leurs sentiments.


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