Commentaire de bouffon(s) du roi
sur Conduite extrême : réduire la gravité d'une collision
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« L’homme occidental tend à faire corps avec sa bagnole ; sans roues il n’est plus qu’un misérable homme-tronc : un piéton. Ou plutôt, impatiente au bord du trottoir, la bagnole attend son homme ; car il faut bien que lui aussi regagne son garage, c’est-à-dire sa maison. L’hommauto forme un tout avec sa coquille à moteur. Il va, l’auto l’avale, la portière claque et il démarre. Il vient et, après un dernier rot, la bagnole accouche de la personne humaine ; mais elle la récupère bientôt. Contact, l’auto ronronne ; il fallait l’homme pour lui donner la vie. Il la conduit, mais désormais c’est l’engin qui l’entraîne. Quand l’invincible mécanique fonce en jetant sa clameur, qui se douterait qu’elle renferme un délicat mammifère que le moindre choc suffit à meurtrir ? Il faut qu’un accident vienne la broyer pour qu’un filet de sang filtrant à travers les tôles nous fasse découvrir qu’elle dissimulait un corps, et peut-être une âme. »
